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Les phénomènes biochimiques sont
très influencés par les conditions externes
comme la température, le pH, les conditions ioniques,
etc. Si on veut les étudier in vitro, il est
évidemment important de les comprendre pour
identifier et les contrôler.
PRINCIPES DE BASE
Le pH doit être maintenu pour que les fonctions
biologiques qu'on étudie soient
préservées. S'il s'agit de cellules animales
entières intactes, on garde le pH à 7.4 qui
est celui du milieu extracellulaire. S'il d'agit d'organite,
on maintiendra le pH au même niveau que celui du
cytosol de la cellule. Cette valeur est normalement autour
de la neutralité à la température
où vit cette cellule. Il faut aussi se rappeler que
l'intérieur de certains compartiments, comme les
lysosomes, le golgi, etc., est relativement acide, autour de
pH 4.
Il est important, surtout si on travaille avec des
cellules entières, de maintenir une pression
osmotique normale. Une solution hypotonique
(osmolarité trop faible) risque de faire
éclater les cellules sans paroi rigide, en provoquant
une entrée massive d'eau par osmose. Une solution
hypertonique aura aussi des effets néfastes. Pour les
cellules mammaliennes la valeur normale est de 300-320 mOs.
On doit aussi essayer de reproduire les conditions ioniques.
La présence d'autres facteurs comme les acides
aminés, vitamines, glucose, etc. est essentielle dans
les cultures à long terme.
APPAREILS ET METHODOLOGIE
pH
Le pH est maintenu par un produit tampon. Les
défauts des principaux produits couramment
utilisés (phosphate, CO2/bicarbonate,
tris) sont bien connus et ont été
discutés ailleurs (voir section pH
et pHmétrie).
Dans la culture de cellules mammaliennes, on emploie
souvent un indicateur coloré de pH qui aide à
visualiser instantanément si le pH s'est trop
acidifié. Généralement, on emploie le
rouge de phénol qui devient jaune sous pH 7 alors
qu'il est rouge au dessus. Évidemment ce produit
n'est pas toxique pour les cellules.
Osmolarité et osmométrie
Il est courant de mesurer l'osmolarité des milieux
qu'on fabrique. On utilise habituellement un
osmomètre. La plupart des osmomètres
disponibles sur le marché mesurent
l'osmolarité d'une solution en déterminant la
diminution du point de fusion d'une solution par rapport
à l'eau pure; en effet, il y a une
proportionnalité directe entre cette diminution et
l'osmolarité.
On utilise souvent du saccharose ("sucrose") pour
maintenir l'osmolarité. Ce produit n'entre pas dans
les cellules animales intactes et n'est pas toxique, en plus
il physiologiquement inerte, non chargé, peu
coûteux et très soluble. C'est la principale
raison de sa présence (souvent à 250 mM) dans
beaucoup de solutions tampons physiologiques. On peut aussi
utiliser du NaCl qui est le principal sel des fluides
corporels. Cependant, pour obtenir une osmolarité
physiologique, il faut 300 mM de NaCl. Cette concentration
est peu physiologique car elle est très
supérieure à la concentration dans les fluides
corporels, généralement autrour de 110 mM.
Stérilisation
La culture de cellules ou de bactéries exige
l'emploi de milieu stérile. On peut stériliser
à l'autoclave ou par ultrafiltration
("stérilisation froide").
La procédure à l'autoclave exige d'exposer
le liquide à des températures de l'ordre de
120 °C sous une pression de 15 psi ("pound per square
inch") durant au moins 20 minutes. La solution doit
ètre directement en contact avec la vapeur. Si le
liquide est dans une bouteille, on prendra soin de laisser
le bouchon à demi vissé pour faciliter
l'entrée de la vapeu dans la bouteille pour maximiser
le contact. Evidemment, à lorqu"on
récupère la bouteille, on doit refermer
hermétiquement le bouchon pour empêcher que le
liquide se recontamine. Cette méthode a toutefois
quelques défauts. Tout d'abord, l'exposition de
certains composés à de telles conditions de
température et de pression peut les détruire.
L'acide aminé glutamine est particulièrement
sensible. De plus, ces conditions peuvent aussi provoquer
des réactions indésirables entre certains
produits. C'est notamment le cas du glucose (et des
monosaccharides en général) et des fonctions
amines primaires, c'est la réaction de Maillard.
Enfin, la précipitation de certains sels, comme le
phosphate de magnésium, peut être
accentuée lors de l'autoclavage. Evidemment on peut
résoudre ces problèmes en évitant de
stériliser les composés problématiques
avec le reste de la solution. Cela introduit cependant des
étapes supplémentaires dans la
préparation des solutions.
La stérilisation par ultrafiltration consiste
à filtrer le liquide avec une membrane de 0.45, ou
encore mieux, de 0.22 mm. Divers
dispositifs permettent de soumettre des volumes très
petits ou très grands à ce processus. Un des
ennuis qu'on retrouve souvent est que ces filtres de
très petite porosité se bloquent très
souvent. Une solution est de pré-filtrer les
solutions avec des filtres à grande porosité
et de forte capacité.
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