4.3.5 Étude de cas : Pourquoi les collectivités locales françaises s'intéressent elles de plus en plus à la planification et la gestion de leur espace maritime ?

1.2 La difficile mise en place de la trame verte et bleue

(Exemple du Parc Naturel Marin « Estuaire de la Gironde et Pertuis charentais ») 

Cette analyse est basée sur un très volumineux dossier sur la question puisque l’université de La Rochelle a épaulé la mission de création durant près de deux ans. Les ressources en ligne sont importantes :

  • 3 volumes présentés à l’enquête publique ;
  • 2 volumes de résultats de l’enquête publique.

Il existe de nombreuses cartes et une abondante revue de presse. La très grande partie de ces documents est aisément accessible en terme de droit de reproduction. 

Notre idée est désormais de développer, à l’échelle locale, un engagement pris par la France à l’échelon international. Cet engagement c’est celui de la mise en place d’un réseau, à l’échelle mondiale, d’aires marines protégées. Dans la foulée du Sommet mondial du développement durable de Rio, un certain nombre de pays, dont la France, se sont engagés à placer 20 % des zones maritimes sous leur juridiction en Aire Marine Protégée (AMP). C’est ce que l’on nomme parfois « la trame bleu marine ». 

Il est clair que ces engagements à l’échelle mondiale sont des aiguillons pratiques pour essayer de tenir des objectifs ambitieux. Dans un registre différent, il en est de même pour la Directive Cadre Européenne du 17 juin 2008 sur le « bon état écologique » et intitulée « Stratégie pour le milieu marin ». C’est dans ce contexte que la France se dote en 2006 d’une ambitieuse Agence des Aires Marines Protégées, installée à Brest pour parvenir à ses objectifs. Le premier Parc Naturel Marin est crée en 2007 en mer d’Iroise à l’extrémité de la Bretagne. Il aura fallu trois ans de concertation dans un espace maritime fortement humanisé où se croisent des intérêts multiples (écologiques, économiques, stratégiques,…). On se dit que si la concertation a pu marcher dans la rade de Brest, il doit être possible de vaincre bien des difficultés. Plusieurs missions sont alors ouvertes sur le littoral français pour préparer les travaux permettant de proposer la mise en place d’une série de Parcs Naturels Marins. L’objectif annoncé lors de la création de l’Agence est de  créer 10 Parcs Naturel Marins à l’échéance 2012. Sur le littoral métropolitain, les équipes sont progressivement déployées sur le Bassin d’Arcachon, dans les Pertuis Charentais et l’estuaire de la Gironde, dans le golfe normand-breton, en Baie de Somme. D’autres le sont dans les outre-mer. 

Le coup d’envoi de la réflexion sur la création d’un Parc Naturel Marin (PNM) sur les côtes atlantiques entre Nantes et Bordeaux est donné par un arrêté Interministériel du 20 juin 2008 qui lance l’étude d’un PNM sur l’estuaire de la Gironde et les Pertuis Charentais. Il est sous la tutelle des préfets « terrestres » et du préfet de l’Atlantique. Il faut attendre cependant près d’un an pour que l’équipe du parc, mené par François Colas, réunisse à la mi-octobre 2009 le premier Comité de Concertation. Un peu moins de deux ans après, se déroule l’Enquête publique concernant la possible création du Parc. Elle se tient du 22 août au 22 septembre 2011. Les conclusions en sont rendues le 23 novembre de la même année. L’avis est favorable avec une réserve (sur la délimitation) et trois recommandations. 

Et depuis…, plus grand-chose. Le Parc Naturel Marin de l’estuaire de la Gironde et des Pertuis Charentais n’a pas été crée. La mission de création a été dissoute à l’hiver 2012 et au printemps 2013 le projet de Parc ne fait plus partie de l’actualité régionale. Un communiqué de France Nature Environnement, la principale Association de « Protection de la Nature » française de novembre 2012 dresse le constat de cette situation. Il est intitulé : « Aires Marines Protégées : coup d’arrêt à la protection de la mer ».