4.3.5 Étude de cas : Pourquoi les collectivités locales françaises s'intéressent elles de plus en plus à la planification et la gestion de leur espace maritime ?

3.2.1 Le constat de départ

Le « Grenelle de la mer » a été annoncée le 27 février 2009. Il s’inscrit directement dans la lignée du « Grenelle de l’Environnement » dont il est une émanation. Il s’agit sur la question de la mer et du littoral d’avoir une réflexion spécifique dans l’optique de contribuer au développement d’activités soutenables respectueuses de l’environnement. Initié par les services publics, sous la houlette d’un Ministre d’État, Jean Louis Borloo (Ministre d’État, Ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer chargé des Technologies vertes et des Négociations sur le climat) il se doit de définir la politique maritime de la France en tant que stratégie nationale pour la mer et le littoral. Ce « Grenelle » se doit d’être l’outil de la France pour réaliser les ambitions de celle-ci pour l’océan et les activités maritimes. La tâche est grande, les propos parfois lyriques. 

Pour les initiateurs du rassemblement « la mer et les océans sont les grands oubliés du XXe siècle » et pour le XXIe siècle « c’est la mer qui sauvera la terre » (Préface du Livre Bleu, 2009). L’océan est présenté comme un « colosse aux pieds d’argile » mais qui si on le gère bien offre un potentiel fantastique, le premier étant celui de sa biodiversité sans égale. Ce potentiel est décliné sur le mode alimentaire, scientifique, médical, énergétique et économique. 

Le « Grenelle de la mer » reprend les mêmes fondements méthodologiques que le Grenelle de l’Environnement. Les discussions se font entre cinq « collèges », représentatifs des parties prenantes :

  • l’État
  • les élus
  • les représentants des syndicats de salariés
  • les représentants des syndicats d’employeurs
  • les associations de protection de la nature 

Il s’agit bien de discussions et d’échanges et non de négociations. Les cinq collèges sont assistés de personnalités scientifiques et d’experts pour les éclairer sur tel ou tel sujet. Il faut dégager des grandes lignes de forces, sur la base d’un état des lieux partagés, et des points de consensus sur lequel on pourra par la suite s’appuyer. Il s’agit bien de faire des propositions d’action. Une attention particulière est apportée à la bonne représentation des acteurs des territoires d’outre-mer. 

Les groupes de travail ont environ 4 mois pour se réunir. Chaque groupe compte environ 5 personnes. Ils sont présidés par des personnalités marquantes de l’administration ou de la société civile. Celles-ci sont secondées par des hauts fonctionnaires des différents ministères, l’opération se voulant hautement trans-ministérielle. Quatre groupes de travail ont été définis :

  • la délicate rencontre entre la terre et la mer ;
  • entre menace et potentiels, une mer fragile et promesse d’avenir ;
  • partager la passion de la mer ;
  • planète mer : inventer de nouvelles régulations. 

Au bout de centaines d’heures de discussion, de milliers d’échanges sur Internet et de rencontres régionales, le « Grenelle » a accouché d’une grosse centaine de propositions et d’un discours du Président de la République au Havre.