4.3.3 Étude de cas : Partie 3 - La gestion des risques naturels littoraux à l’exemple de Wissant et de la Côte d’Opale (Nord-Pas-de-Calais)

2 Un territoire industriel, urbain et touristique caractérisé par une très forte pression anthropique et une importance vulnérabilité aux risques naturels

La densité des communes côtières (657 hab/km2) est nettement supérieure à la moyenne du littoral français (272 hab/km2). Entre le début des années 1960 et le milieu des années 1970, une Zone Industrialo-Portuaire (ZIP) s'est développée à Dunkerque en liaison avec la sidérurgie et la pétrochimie : Dunkerque est le premier port français pour l’importation de minerais et le troisième pour le trafic de marchandises. Ce développement industriel s’est poursuivi dans les années 1980 avec, en particulier, la construction du plus grand centre de production d’énergie nucléaire de l’Europe du Nord Ouest à Gravelines et, dans les années 1990, avec le développement du trafic de conteneurs. Ce développement a provoqué l’artificialisation totale d'un vaste ensemble alluvial et dunaire de plus de 14 km de long. Cette artificialisation est liée à deux types de développement : d’une part, la croissance des ports de Calais et Boulogne-sur-Mer, respectivement le 1er port français pour le transport de passagers et le 1er port français pour la pêche et la transformation des produits de la mer ; et d’autre part, celle des stations balnéaires (Le Touquet-Paris-Plage, Hardelot, Wimereux, etc.). Parallèlement au développement industriel, à celui de l’urbanisation et du tourisme, « l’ouverture » de la Côte d’Opale par la construction du Tunnel sous la Manche et de l’autoroute A16 reliant Paris à Dunkerque a accentué les pressions anthropiques s’exerçant sur ce territoire côtier et entraîné une forte demande et consommation d’espaces naturels. Les constructions pourraient croître de 30 % dans les années à venir si l'on se réfère aux zonages des terrains constructibles des documents d’urbanismes (Plans Locaux d’Urbanisme) (ENR-OELM, 20001). Par ailleurs, la croissance importante de ces enjeux sur les territoires côtiers s’accompagne d’une dynamique érosive du trait de côte mettant en péril les installations humaines de bord de mer (Meur-Férec, 20022), (figure 1).

Ce graphique montre à l’aide de photos, texte et schémas l’évolution historique de l’aménagement côtier.

Figure 1. Le littoral, un territoire à risques.

Source : Deboudt, 2010, 20133, d’après Meur-Férec et Morel, 2004.

1Espace Naturel Régional, Observatoire de l’environnement littoral et marin (ENR-OELM), 2000, Diagnostic territorial de la Côte d’Opale, 84 p.
2Meur-Férec C., 2002, L’occupation du littoral, ou le choix d’investir un territoire à risques. Éléments de réflexion. Océanis, vol. 28, n° 1-2, p. 115-137.
3Deboudt P., 2013, Géographie sociale de la nature littorale, Editions Universitaires Européennes, 640 p. Deboudt P., 2010, Contribution à une géographie sociale de la nature littorale, Habilitation à Diriger des Recherches en Géographie, 4 décembre 2010, Université de Nantes, volume 1, 342 p.