4.3.2 Étude de cas : Partie 2 - Perception/représentation des risques littoraux par les habitants

3 La perception des risques littoraux par les habitants

3.1 Quel est l’intérêt d’étudier la perception des risques littoraux par les habitants d’un territoire?

L’intérêt est essentiellement d’aider la décision publique, qui s’appuie sur les risques tels qu’ils sont objectivés par les sciences de la nature (partie aléa) et les sciences économiques (parties enjeux) et les risques tels qu’ils sont perçus (c’est-à-dire plus ou moins redoutés) par les habitants (évalués par les sciences sociales, essentiellement la sociologie et l’anthropologie).

  1. Les pouvoirs publics doivent anticiper les risques « réels », trouver des aménagements et scénarios y répondant, mais ils doivent aussi rassurer sur les risques « ressentis » de manière excessive (surévalués) par la population. Pour que les aménagements soient bien acceptés par les habitants, pour que leur coût collectif soit jugé légitime (et donc qu’ils acceptent de payer les taxes et impôts les finançant), il faut qu’ils rencontrent une certaine approbation dans la population. Des aménagement coûteux et qui « abîment » un paysage valorisé (des digues hautes, par exemple, pour se protéger des submersions marines) pour prévenir des risques dont la perception serait – à tort ou à raison – faible dans sa probabilité de survenue et/ou dans ses dommages potentiels, auraient ainsi toutes les chances d’être rejetés.
  2. Il est également nécessaire d’étudier la perception des risques littoraux pour évaluer la culture du risque des habitants, culture dont la plupart des spécialistes de la gestion des risques environnementaux s’accordent à penser qu’elle est indispensable pour que les dommages humains soient les plus faibles possible en cas d’accident ou de catastrophe.

La culture du risque de séisme dans la population japonaise peut constituer un exemple archétypal en ce domaine.

Connaître l’ampleur de cette culture, ses manques, ses déformations constitue une étape nécessaire avant de tenter de l’améliorer, de la rendre plus réaliste et opérationnelle. Cela peut être une condition nécessaire, à défaut d’être suffisante, de ce que certains appellent la « résilience » des territoires à risque.

Cette photo montre un muret en avant d’une maison.

Figure 5. Muret surélevé pour résister aux invasions marines – presqu’île de Gâvres (France).

Source : Hervé Flanquart, 2010.