4.3.2 Étude de cas : Partie 2 - Perception/représentation des risques littoraux par les habitants

2.1 La perception du risque (suite)

La perception du risque, qu’elle soit celle des scientifiques (les experts) ou au contraire d’habitants ou de citoyens « ordinaire » (les profanes) qui le côtoient au quotidien mais ne l’ont pas étudié « rationnellement », est obligatoirement biaisée, c’est-à-dire déformée, entachée d’erreur.

Et ces biais peuvent se classer en trois grandes catégories, en fonction de leur origine :

    1. les biais cognitifs : ils sont quasi universels, aussi s’en délivrer est presqu’ impossible, même pour ceux qui les connaissent bien…
Pour en savoir plus :
  • Piattelli Palmarini,  M., 1995, La réforme du jugement ou comment ne plus se tromper, Paris, Odile Jacob.
  • Kahneman, D., 2012, Système 1/système 2, les deux vitesses de la pensée, Paris, Flammarion.
      1. les biais de situation (culturels et sociaux) : ils dépendent du contexte culturel (temps historique et espace) et des groupes sociaux d’appartenance (âge, genre, PCS, établis/précaires,…);
Pour en savoir plus:
  • Douglas, M., Wildavski, A., 1984, Risk and Culture, An Essay on the Selection of Technological and Environmental Dangers, University of California Press, 1984.
  • Douglas, M. 1992, Risk and Blame. Essays in cultural theory, London, Rootledge.
  • Kermisch, C., 2010, Les paradigmes de la perception du risque, Paris, Lavoisier/Editions Tec & Doc.
  1. Les biais personnels : ce sont ceux qui sont se sont constitué lors de l’histoire personnelle des individus. Par exemple, une personne mordue par un chien durant son enfance a de grandes chances d’avoir peur des chiens toute sa vie.

Le plus souvent, les trois types de biais n’existent pas à l’état pur, mais généralement à l’état composé: l’individu évaluant (spontanément) un risque est à la fois (plus ou moins) victime de biais cognitifs, de biais liés à sa situation et ses origines sociales, et de biais résultant de son histoire personnelle.

Dans la figure de Müller-Lyer présentée ci-dessous  les deux segments sont de même longueur mais  celui du haut apparaît plus court que celui du bas: notre perception est biaisée, notre cerveau nous trompe.

Cette figure montre une illusion d’optique, consistant en deux traits de longueur égale, mais terminés par des flèches montrant vers l’intérieur pour l’un, vers l’intérieur pour l’autre, ce qui laisse apparaitre un plus long que l’autre.

Figure 4. Un exemple de biais cognitif (une illusion d’optique).

Source : Hevé Flanquart.