4.3.1 Étude de cas : Partie 1 - L’analyse des risques et de leur gestion en géographie

2.4 La vulnérabilité

Elle représente la capacité ou propension à favoriser l'endommagement (pour les biens et les activités) ou les préjudices (pour les personnes) des éléments exposés à l'aléa. La vulnérabilité baisse avec les précautions prises pour se protéger. Niveau de conséquences prévisibles d’un aléa sur les enjeux.

Dans une acception plus large et plus récente, des chercheurs (D'Ercole et al., 1994, 1999) considèrent la vulnérabilité des sociétés à travers leur capacité de réponse à des crises potentielles. Elle traduit la fragilité d'un système dans son ensemble, et de manière indirecte sa capacité à surmonter la crise provoquée par un aléa. Plus un système est apte à se rétablir après une catastrophe (résilience), moins il est vulnérable. P. Pigeon (2002) intègre dans la vulnérabilité les effets sur le terrain des politiques de gestion des risques (prévention et secours). Le risque serait alors « la probabilité d’occurrence de dommages compte tenu des interactions entre processus physiques d’endommagement (aléas) et facteurs de peuplement (vulnérabilité) ». Le risque devient le révélateur des discontinuités socio-spatiales dans les territoires.

2.5 Le risque

Les dictionnaires de géographie proposent différentes définitions du risque naturel qui résulte de l’interaction entre un aléa et des enjeux. Deux approches sont possibles : définir et étudier les interactions entre aléas et enjeux ; le risque est alors ramené à l’endommagement effectif qui représente les résultats de ces interactions. Pour intégrer dans cette définition, la gestion du risque (anticipation, prévention) et la réparation des dommages, Patrick Pigeon (2002) a proposé une deuxième approche à partir de la définition suivante du risque : « probabilité d’occurrence de dommages compte tenu des interactions entre processus d’endommagement (aléas) et facteurs de peuplement (vulnérabilité). Les interactions conditionnent l’endommagement, comme les mesures préventives ou correctives qui cherchent à le gérer, et qui sont spatialement observables. La notion de risque comporte donc une double composante : celle de l’endommagement potentiel comme celle de l’endommagement effectif, tel qu’il peut être socialement identifié ». La notion de vulnérabilité - « capacité ou propension à favoriser l’endommagement (pour les biens et les activités) ou les préjudices (pour les personnes) des éléments exposés à l’aléa » (MATE, 1997) - permet de dépasser l’acception statique associée à la notion d’enjeu.

Le risque est la perception d’un danger possible, plus ou moins prévisible par un groupe social ou un individu qui y est exposé. Le danger définit les conséquences objectives d’un aléa sur un individu ou un groupe, des aménagements ou l’environnement.

Le risque résulte de la combinaison d'un aléa (d'origine naturelle, humaine ou le plus souvent mixte) avec la vulnérabilité des personnes et des biens et les enjeux. Le risque dépend de facteurs structuraux (contexte socio-économique, culturel, fonctionnel ou institutionnel) et conjoncturaux (l'aléa) qui influencent la capacité de réponse de la société à l'évènement et en font ainsi varier les effets (D'Ercole, 1994). Le risque est une construction sociale

Le risque peut se transformer en véritable catastrophe si le corps social n'a pas pu ou pas su prendre les mesures de prévention et de protection nécessaire.

Les risques et les catastrophes sont appréhendés à partir de notions souvent imprécises. Une polysémie de termes a pour origine le caractère multidimensionnel de ces événements, leur complexité, les différences de perception des populations soumises à ces catastrophes et les descriptions émotionnelles des médias. Il faut bien séparer ce qui relève du probable, du virtuel - le risque - et ce qui s’est produit réellement, une catastrophe.