4.3.1 Étude de cas : Partie 1 - L’analyse des risques et de leur gestion en géographie

1 Introduction

Dans nos sociétés post-modernes, les risques sont une préoccupation de plus en plus forte, en relation avec la recrudescence des préjudices, des dommages et l'évolution des sensibilités (Beck, 2001). Nous vivons aujourd’hui dans une société de risques illimités du point de vue de deux dimensions, c'est-à-dire que le risque est illimité géographiquement; les risques ne sont plus ancrés géographiquement. Ensuite, les risques ne sont plus limités dans le temps. Nous sommes aussi tous concernés par le risque du fait de la mondialisation de l’information via les médias et les satellites d’observation de la Terre. Les responsabilités sont aussi plus difficiles à déterminer par rapport à ces risques qui ne sont plus ancrés géographiquement et qui ne sont plus ancrés dans le temps.

L’analyse géographique du risque ne peut pourtant se réduire à une énumération de catastrophes. Le thème des risques n’est pas un concept géographique, cette question doit être pensée de manière intégrée en terme de système. L'objet «risque» est étudié par de nombreuses disciplines : économie, sociologie, génie civil, sciences de la vie et de la terre, sciences physiques, sciences politiques, chimie, etc.

En géographie, le nombre d’ouvrages, d’articles et de colloques organisés depuis le début des années 1980 montre la place grandissante des risques dans la recherche. Pour la géographie scolaire et universitaire, les risques sont devenus, à la fois un thème d'enseignement et un objet de recherche en plein essor ; les travaux concernant les aléas (nature, processus, intensité, fréquence …), l’identification et l’aménagement des territoires à risques, la cartographie et les représentations sociales des risques en témoignent.

Le risque est une construction sociale : Il n’y a pas de risque sans une population qui le perçoit et qui pourrait subir en ses effets. Le risque est la traduction d’une menace, d’un danger. Le thème des risques conduit à une approche globale qui intègre les apports venant des sciences dures (géologie, météorologie, etc.) et de la sociologie, du droit, de l’économie. Les facteurs de risque sont nombreux : il peut s’agir de processus naturels (séismes, tsunamis, cyclones) ou des conséquences des activités humaines (agriculture : pollution, érosion ; industrie : pollution, explosion ; transport terrestre : accident dans des tunnels ou maritime : marées noires). Le terme «risque» recouvre différentes notions, telles l'aléa, l'enjeu, la vulnérabilité, la catastrophe, la cindynique, etc.

On distingue plusieurs types de risques en fonction des processus, des types de dangers et des types de catastrophes potentielles :

  • Les risques naturels : le risque ressenti, perçu et subit par un groupe social ou un individu soumis à l’action possible d’un processus physique, d’un aléa.
  • Les risques industriels et technologiques : on distingue la pollution chronique et la pollution accidentelle. Dans le premier cas, le phénomène dangereux agit de manière récurrente, parfois lente et diffuse, le risque porte sur ses effets induits et subits par les éléments exposés. Dans le second, le processus est accidentel et à l’origine des risques technologiques majeurs : explosion, fuite d’un produit dangereux, incendie.
  • Les risques économiques, géopolitiques et sociaux : l’accès et le partage de certaines ressources renouvelables ou non génèrent des risques qui peuvent se traduire par des conflits larvés ou ouverts c’est le cas pour le pétrole ou l’eau. Les risques concernent aussi les entreprises, en fonction de la concurrence, nouvelles implantations ou fermetures. Le risque social renvoie à la ségrégation à la fragmentation urbaine, à l’insécurité, souvent un enjeu politique majeur. Ne pas oublier le rapport entre le risque et la santé. La plupart des risques se traduisent soit par la perte de biens, soit par la mort ou la maladie.