4.3.1 Étude de cas : Partie 1 - L’analyse des risques et de leur gestion en géographie

4.3 La gestion des risques naturels littoraux

4.3.1 La gestion des risques naturels par la protection du trait de côte : une priorité à la défense contre la mer et à la maîtrise des aléas naturels encadrée par l’État (19e siècle – années 1980)

Pendant cette période assez longue, des principes de gestion des risques naturels littoraux se sont imposés sous l’influence des grands corps de l’État, ingénieurs des Ponts et Chaussées et ingénieurs des Travaux Publics de l’État (Miossec, 1993, 1995). La recherche d’une maîtrise des aléas par la construction d’ouvrages de défense côtière a prévalu. La loi du 16 septembre 1807 relative « au dessèchement des marais, aux travaux de navigation, aux routes, aux ponts, aux rues, places et quais dans les villes, aux digues et aux travaux de salubrité dans les communes » n’a pas été sur le fond remise en cause aujourd’hui et établit un principe général de non responsabilité de l’État et de non obligation de réaliser ou de contribuer au financement des travaux de défense contre la mer. Jusque dans les années 1990, l’État a cependant participé activement à la gestion de l’évolution du trait de côte sur le territoire du Domaine Public Maritime (Miossec, 1995) en participant, en général, au financement des travaux de défense contre la mer à hauteur de 10 à 30 % du coût total.

La construction des premiers ouvrages destinés à s’opposer à l’érosion côtière et à fixer la position du trait de côte remonte au Moyen Âge (Miossec, 1998) et se généralise le long du littoral français au cours du 19e siècle, pour accompagner la création des stations balnéaires (Deboudt, 2002). Digues, enrochements, épis, brise-lames représentent selon Alain Miossec (1998) une « vision toute militaire de la protection qui s’inscrivait dans la double tradition des corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Travaux Publics de l’État et de communes souhaitant éviter une perte de terres sous l’effet de l’érosion marine ». La construction de ces ouvrages est aussi très liée aux épisodes de tempêtes associés à des dommages importants le long du rivage ou à une submersion marine (Deboudt, 1999). Les ouvrages doivent contribuer à la remise en état du rivage et à empêcher une nouvelle catastrophe.

Pendant près d’un siècle et demi, jusqu’aux années 1980, la gestion des risques naturels en rapport avec l’érosion côtière ou la submersion marine relève de ces pratiques de défense côtière. C’est la maîtrise de l’aléa qui est l’objectif principal. L’État par l’intermédiaire de ses services déconcentrés du Ministère de l’Équipement (DDE ou services maritimes) est l’acteur principal. Les collectivités territoriales sont associées pour le financement des ouvrages.