4.3.1 Étude de cas : Partie 1 - L’analyse des risques et de leur gestion en géographie

4 Les risques naturels littoraux en France métropolitaine

4.1 Les aléas : pénurie sédimentaire et conséquences de l’évolution du climat

En France métropolitaine, les communes littorales sont exposées à 3 types d’aléas naturels :

  • le recul du trait de côte qui peut affecter des côtes à falaises, dans le cadre de l’évolution naturelle de ces formes littorales, ou des côtes basses (dunes littorales) fragilisées par un bilan sédimentaire négatif et une insuffisance de renouvellement du stock sédimentaire disponible sur les plages ;
  • les submersions marines ou inondations temporaires de la frange côtière causées par des phénomènes de surcote liés à des tempêtes ;
  • les avancées dunaires vers l’intérieur des terres.

Les géographes ou géomorphologues ont décrit, analysé et expliqué, pour de nombreuses portions du littoral français, les tendances historiques de l’évolution du trait de côte et les causes de l’évolution (Aernouts et Héquette, 2006 ; Battiau-Queney et al., 2001, 2003; Costa et al., 2003 ; Hénaff et al., 2002 ; Sabatier et Suanez, 2003 ; Sabatier et al., 2009). D’après Roland Paskoff (2004), le non renouvellement du stock sédimentaire depuis la remontée postglaciaire du niveau de la mer et l’élévation contemporaine du niveau de la mer (+ 15 cm depuis 1880) expliquent cette tendance au recul du rivage. Les travaux du groupe interministériel sur les impacts du changement climatique (GIEC, 2001 ; MEEDDAT, ONEC, 2008), publiés en 2001, ont précisé et analysé les effets du changement climatique pour les territoires littoraux. Selon les scénarios sur le changement climatique, l’élévation du niveau de la mer estimée d’ici à 2100 varie entre + 9 cm et + 85 cm (GIEC, 2001), soit une élévation moyenne d’environ 47 cm et trois fois supérieure à celle du siècle précédent. Des facteurs anthropiques ont aussi contribué à cette dynamique de recul : les causes anthropiques de l’érosion côtière sont nombreuses (Miossec, 1998; Paskoff, 1998). Selon les résultats d’un programme de recherche européen EUROSION sur la mesure de l’érosion des côtes européennes (Commission européenne, 2004), l’érosion du littoral concerne le quart des côtes françaises métropolitaines2 (IFEN, 2006, 2007) (figure 1).

Cette carte montre la stabilité (résistance à l’érosion) sur le littoral de la France en codes couleur par secteurs.

Figure1a. L’érosion côtière sur le littoral métropolitain.

Source : Observatoire du littoral, 2006.
http://www.onml.fr/onml_f/fiches/Erosion_cotiere_sur_le_littoral_metropolitain/erosion.pdf

Cette carte montre l’évolution de la côte (érosion, stabilité, engraissement) sur le littoral de la France en codes couleur par département.

Figure 1b. L’érosion côtière par département en 2003.

Source : Ifen – Observatoire du littoral d’après Eurosion database, 2004.

Pour prolonger :

L’érosion côtière en Europe
http://www.eurosion.org/project/eurosion_fr.pdf

Analyse statistique et cartographique de l’érosion marine en France (dossier de l’IFEN, 2006) :
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Etudes_et_documents/2007/dossier06_02.pdf

Un quart du litoral recule du fait de l’érosion (sur le site web de l’Observatoire national de la mer et du littoral) :
http://www.onml.fr/uploads/media/un_quart_du_littoral_recule_du_fait_de_l_erosion_01.pdf

2En 2001, le Parlement européen a demandé dans quelle mesure les côtes européennes étaient vulnérables à l’érosion côtière, déclenchant une étude commandée par la Direction générale de l’environnement et mise en oeuvre par un consortium européen géré par l’Institut néerlandais de la gestion du littoral et de la mer, avec de nombreux partenaires en Europe, incluant EUCC. La France est bien représentée, notamment avec IGN France International, le BRGM ou l’IFEN. La base de données européenne Eurosion publiée en 2004 est une remise à jour d’un travail effectué sur la période 1986-1989 dans le cadre du programme CORINE Érosion Côtière. Le trait de côte Eurosion a été bâti au 100 000e avec des segments côtiers d’une taille minimale de 200 m. Le niveau de détail présenté par Eurosion exclut toute interprétation locale de l’information et ne permet en aucun cas une utilisation pour des études locales du phénomène d’érosion du trait de côte.