4.2.2 Étude de cas : Partie 2 - Aide à la décision publique et évaluation des politiques : évaluation des conséquences économiques des changements climatiques à Sept-Îles, Percé et aux Îles-de-la-Madeleine

1 Les coûts des changements climatiques – trois études de cas (suite)

Le risque économique se base sur la vulnérabilité, mais prend aussi en compte la probabilité qu’un taux d’érosion retenu survienne. Selon les régions et les scénarios, cette probabilité se situe entre 38 % et 54 %.

Tableau 3. Risque économique2.

Scénario 1 Sept-Îles Percé Îles-de-la-Madeleine
perte annuelle moyenne 63 021 $ 3 072 $ 10 777 $
perte cumulative moyenne jusqu’en 2050 en valeur actuelle 1 098 028 $ 53 524 $ 187 770 $
Scénario 2      
perte annuelle moyenne 107 732 $ 26 591 $ 36 167 $
perte cumulative moyenne jusqu’en 2050 en valeur actuelle 1 877 037 $ 432 449 $ 630 145 $
Différence de perte annuelle moyenne entre les 2 scénarios 44 711 $/an 23 519 $/an 25 390 $/an
Différence de perte annuelle moyenne entre les 2 scénarios en % de la perte du scénario 1 70,9 % 765 % 235 %

Source : Rioux et al., 2008.

Note : pour calculer les pertes cumulées, un taux d’actualisation de 5 % a été retenu3

L’interprétation des résultats des calculs doit être faite avec beaucoup de précautions. Il s’agit d’une perte annuelle probable et définitive. Les pertes réelles peuvent être beaucoup plus importantes pendant un certain nombre d’années et inférieur pour d’autres. La valeur présente des pertes probables sur les 42 prochaines années peut être inférieure aux coûts d’un seul évènement majeur. 

2 Pour les Îles-de-la-Madeleine, le taux de taxe foncière générale est de 0,8747 $/100 $ d’évaluation, pour Sept-Îles le taux de taxation résiduelle (résidentiel et autres) est de 2,14 $/100 $. À Percé, le taux de taxation pour les immeubles non résidentiels est de 2,84 $/100 $ d’évaluation, de 2,64 $ pour les immeubles industriels et de 4,14 $ pour les terrains vagues.
3 Le taux d’actualisation est une donnée critique dans les analyses de coûts à long terme. Plus le taux est élevé, plus l’accent est mis sur des retombées immédiates ; un faible taux d’actualisation met au contraire l’accent sur le long terme. Le taux utilisé ici s’aligne sur le ministère du Développement durable, de l’environnement et des parcs du Québec (5 %) et celui utilisé au Canada pour les projets d’infrastructure susceptibles d’avoir des bénéfices à long terme (3 %-7 %). D’autres taux utilisés sont : 1,4 % dans le rapport Stern (2006), 5 % décroissant à 4 % dans un rapport élaboré pour le Consensus de Copenhague (Yohe et al., 2008), 3,5 % pour des projets ayant une durée de vie de 30 ans par le le Conseil du Trésor du Royaume-Uni, 0 %-6 % pour des projets d’infrastructure dans l’Union européenne, 6 % par le gouvernement australien, 8 %-12 % par le Conseil du Trésor du Canada