4.2.2 Étude de cas : Partie 2 - Aide à la décision publique et évaluation des politiques : évaluation des conséquences économiques des changements climatiques à Sept-Îles, Percé et aux Îles-de-la-Madeleine

1 Les coûts des changements climatiques – trois études de cas

Les conséquences économiques des changements climatiques ont été évalués pour trois zones d’études, qui ont déjà fait l’objet d’un suivi environnemental approfondi dans les trois principales régions du Québec maritime : Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine, Côte Nord. L'étude n'avait donc pas pour but d'évaluer tous les coûts liés au changement climatique dans tout le Québec côtier. Il faut également considérer que les coûts sont évalués sur la base de l’érosion côtière, mais ne prennent pas en compte les problèmes liés à la submersion, ni les autres impacts sur les écosystèmes ou systèmes anthropiques liés aux changements climatiques. 

L’évaluation économique est basée sur deux scénarios climatiques S1 et S2 (voir Encadré 1), à partir desquels des taux d’érosion futurs sont déduits, l’érosion étant la conséquence principale des changements climatiques sur les infrastructures. Les taux d’érosion et de recul de la ligne de côte sont issus de Savard et al. (2008), qui combinent des mesures directes sur le terrain et l’interprétation de photographies aériennes prises entre 1931 et 2006. L’évaluation porte sur les bâtiments et les terrains, dont la valeur a été estimée avec l’aide des municipalités ou du cadastre. Des évaluations des coûts pour d’autres types d’infrastructures, comme les routes, ont été effectuées par Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières de l’UQAR (Bernatchez et al., 2008). 

Description des deux scénarios climatiques

Le scénario 1 est une projection des conditions côtières semblables à celles du passé et il considère que l’effet des changements climatiques ne modifiera pas le taux de déplacement de la ligne de rivage d’ici 2050 ;

Le scénario 2 considère comme plausible que l’intensité́ de l’érosion côtière pour un même type de côte soit comparable à la moyenne des taux de recul (uniquement) mesurés sur la période de 10 ou 15 ans la plus intense comprise entre 1931 et 2006. Il implique une accélération de l’érosion côtière par rapport à la moyenne historique en raison des changements climatiques.