4.2.2 Étude de cas : Partie 2 - Aide à la décision publique et évaluation des politiques : évaluation des conséquences économiques des changements climatiques à Sept-Îles, Percé et aux Îles-de-la-Madeleine

4.2 Description de l’érosion

La façade maritime du secteur de Sept-Îles est largement dominée par les terrasses de plage, qui constituent 85 % de la côte. En 2006, 60 % du littoral montrait des signes d’érosion et 24 % était protégé par des structures diverses. Globalement, à l’échelle de la région de Sept-Îles, les terrasses de plage affichent un bilan sableux positif pour la période 1931-2006. Cependant, certains endroits ont connu des périodes de recul depuis 1931 et le bilan y est négatif pour la période 1996-2006, au cours de laquelle la fréquence des tempêtes du sud-est était particulièrement élevée. Cette dernière période contient les valeurs d’érosion  les plus élevées suivies de la période de 1965-1979. On estime que la période de 1996-2006 devrait refléter assez bien les conditions climatiques qui prévaudront au cours des prochaines décennies. Des hivers doux, une saison des glaces relativement courte, des glaces flottantes plus mobiles et un nombre plus élevé de tempêtes et de vagues causées par ces tempêtes pourraient se traduire par une accélération de l’érosion côtière par rapport à la tendance historique avec un recul moyen pour 2050 des côtes basses sablonneuses variant de 54 m jusqu’à 139 m par endroits.

4.3 Évaluation monétaire du risque

De manière générale, dans la région de Sept-Îles, la valeur des infrastructures potentiellement affectées par l’érosion s’élève à plus de 25 millions de dollars, dont la plus grande partie est représentée par les habitations et le reste par les infrastructures de communication (Bernatchez et al., 2008). 

Pour le secteur de Sept-Îles les actifs affectés par l’érosion sont localisés entre la plage Monaghan et la plage Routhier, soit sur une distance d’environ 8 km. Les propriétés affectées sont essentiellement des résidences. La valeur de celles-ci s’élève à 13,5 millions $ pour les bâtiments et à 3,6 millions $ pour le terrain. C’est un actif d’environ 17 millions $ qui est affecté par l’érosion côtière dans ce secteur. Chaque mètre carré de terrain perdu se traduit par une perte de 69,60 $.