4.2.2 Étude de cas : Partie 2 - Aide à la décision publique et évaluation des politiques : évaluation des conséquences économiques des changements climatiques à Sept-Îles, Percé et aux Îles-de-la-Madeleine

3.2 Description de l’érosion

L’archipel des Îles de la Madeleine est constitué d’une douzaine d’îlots rocheux, formés de roches métasédimentaires et volcaniques, dont six sont reliés entre eux par des cordons dunaires et des tombolos. Comme les Îles de la Madeleine sont situées au milieu du golfe du Saint-Laurent, sur un plateau de 60 m de profondeur, aucun sable ne peut venir du large ni d’aucune source continentale. Le sable qui circule sur les plages et le long des zones littorales est donc soit du sable remanié par l’érosion de dépôts quaternaires plus anciens, des dunes et des tombolos ou dérivé de l’érosion des îlots rocheux (grès rouges, conglomérats, etc.). 

Les ondes de tempête sont le principal facteur d’érosion aux Îles-de-la-Madeleine. L’effet des tempêtes hivernales est amplifié du fait du recul de la couverture de glace. Il est à noter que les vagues sont beaucoup plus importantes sur le côté Ouest que sur le côté Est des Îles. Le redoux hivernal cause aussi une érosion plus prononcée des falaises rocheuses sensibles au gel-dégel. Dans le futur, l’augmentation du niveau de la mer, des températures hivernales et la diminution du couvert de glace accélèreront le taux d’érosion et la vitesse de recul de la ligne de côte. Dans certaines périodes, caractérisées par des hivers doux et un couvert de glace peu important (1977-1983 et 2001-2007), le recul des plages a été particulièrement prononcé ; de telles conditions seraient la normale sous un scénario de changements climatiques. Selon le scénario le plus probable pour la région des Îles de la Madeleine, le recul du trait de côte pour 2050 pourrait être en moyenne de 80 m pour les côtes basses sablonneuses et de 38 m pour les falaises rocheuses.

Deux secteurs des Îles de la Madeleine ont été analysés, soit le secteur de Pointe-aux-Loups qui s’étend jusqu’à Grosse-Île, et le secteur de Cap-aux-Meules / Havre-Aubert qui s’étend de la flèche littorale de La Digue à la pointe de Sandy Hook. 

Le secteur Cap-aux-Meules / Havre-Aubert comporte cinq types de côtes :

  • les plages bordant le tombolo qui relie Cap-aux-Meules à Havre-Aubert sur 18,8 km (39 %),
  • les falaises rocheuses de Havre-Aubert et de Cap-aux-Meules, qui occupent 15,6 km (32,5 %),
  • la flèche littorale de Sandy Hook, d’une longueur de près de 8 km, (16,3 %),
  • quelques segments de terrasses de plage à Cap-aux-Meules et dans la baie du Havre représentant 5 Km de côte (10,7 %),
  • une petite zone de dans la baie du Havre, au fond de l’Étang du sable.

En 2006, 56 % du littoral de ce secteur présentait des signes d’érosion alors que 14 % du littoral était artificiel principalement constitué d’enrochements mis en place pour contrer l’érosion côtière.