3.1.3 Adaptation

Fond vert pour le climat (Green Climate Fund)

Le Fond vert pour le climat est censé devenir à terme le plus important véhicule financier d’adaptation climatique. Au-delà du volet adaptation, le Fond Vert va jouer un rôle central dans l’architecture du financement des politiques climatiques (atténuation et adaptation), c’est pourquoi, il lui a été demandé lors de la COP 18 (Décision 6) de « répartir les ressources du Fonds de façon équilibrée entre activités d’adaptation et activités d’atténuation »14. D’ici 2020, il devrait mettre 100 milliards de $ par an à disposition des pays en développement. Sa création a été proposée à la COP15 de Copenhague en 2009 et décidée lors de la COP16 à Cancun en 2010. Le fonds a été officiellement lancé à l’occasion de la COP17 à Durban en 2011. Son siège est à Songdo-Incheon en Corée du sud, qui a été préférée à Genève (Suisse), Bonn (Allemagne), Mexico (Mexique), Varsovie (Pologne) et Windhoek (Namibie). Il sera administré par un conseil paritaire pays développés – pays en développement de 24 membres.

Le grand problème du Fond vert pour le climat est qu’il s’agit pour l’instant d’une « coquille vide » pour reprendre l’expression du Monde et des Échos15 et que la création de ce nouveau fonds pose des questions sur ce qu’il adviendra des autres fonds précédemment créés. Au début de l’année 2013, le fonds n’était même pas assez doté pour couvrir ses coûts administratifs de 7,5 millions $ (Schalatek et Nakhooda, 2012). Cet état de fait relève de certaines divergences fondamentales. Tandis que les pays en développement estiment que seuls les pays industrialisés doivent payer, les États-Unis insistent pour que des pays en transition comme la Chine ou la Corée du Sud contribuent également. La frilosité de certains pays développés à contribuer au Fonds vert pour le climat est résumé par le commentaire du ministre canadien de l’Environnement Peter Kent  du 11 décembre 2011 « Nor will we devote scarce dollars to capitalize the new Green Climate Fund - part of the Durban agreement - until all major emitters accept legally binding reduction targets and transparent accounting of greenhouse gas inventory » (« Nous n’allouerons pas des ressources financières ténues à la capitalisation du nouveau Fonds vert pour le climat – faisant partie de l’accord de Durban – tant que tous les grands émetteurs n’acceptent pas des cibles de réductions d’émissions légalement contraignantes et une comptabilité transparente des inventaires de GES », tdlr). Le manque de financement a incité Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations unies à mettre sur pieds en février 2010 un Groupe consultatif de haut niveau sur le financement de la lutte contre le changement climatique.

Fonds d’investissement climatique (Climate Investment Fund)

À la différence des trois fonds décrits précédemment, le fonds d’investissement climatique ne découle de la CCNUCC, il a été créé par le G8. Sous ce fonds, plus de 7 milliards de $ ont déjà été promis par les pays donateurs en date de mars 2013. Il est administré par la Banque Mondiale est les banques multilatérales de développement. Il finance 48 pays en développement à travers deux fonds distincts :

  1. Fonds pour les technologies propres, 2008, 5,2 milliards $ (mars 2013)
  2. Fonds climatique d’investissement stratégique, regroupe trois programmes :
    • Programme d’investissement forestier, 2009, 639 millions $ (mars 2013)
    • Programme pilote de protection contre les chocs climatiques (Pilot program on climate resilience), 2008, 1,3 milliards $ (mars 2013)
    • Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables, 2009, 505 millions $ (mars 2013)
14  Décision 6, Rapport de la COP18 (Doha - 26 novembre au 8 décembre 2012), 2013, p 28.
15  Grégoire Allix, « Le Fond vert pour le climat confronte ses désaccords à Genève », Le Monde.fr, 23/08/2012 ; Joel Cossardeaux , « Le futur fonds vert risque d'être une coquille vide », Les Echos.fr, 28/11/2011.