3.1.3 Adaptation


Classification des réponses à l’adaptation

Les réponses à l’adaptation ont été classifiées par Burton (1996) en 8 options, reprises par l’OCDE dans son rapport de 200911 :

  • Partager la perte
  • Supporter la perte
  • Modifier les événements
  • Prévenir les effets
  • Changer l’utilisation
  • Changer le lieu
  • Recherche
  • Éducation et comportement

Selon Adger et al. (2005) , cette classification est une expansion des 3 pierres angulaires de l’adaptation que sont 1) la réduction de la sensibilité du système au changement climatique (augmenter les capacités de stockage, planter des cultures plus résistantes, etc.), 2) la modification de l’exposition du système (mesures d’atténuation, investir dans la préparation au hasard) et 3) l’augmentation de sa résilience pour faire face aux changements (améliorer le bien-être, mais aussi mettre en place des mesures qui permettent de récupérer après une perte). 

Une politique publique comme une autre : contraintes et leviers

Comme de nombreux autres domaines des politiques publiques, les politiques d’adaptation sont contraints par l’inertie, la culture du déni du risque, etc. (Thompkins et al., 2010 ). Par ailleurs, l’adaptation n’est pas isolée des autres décisions, mais s’inscrit comme toute politique dans le contexte démographique, des changements culturels et économiques aussi bien que dans la transformation des technologies de l’information, la gouvernance globale, les conventions sociales, et la globalisation des flux de capitaux et du travail (Adger et al., 2005 ).

Les barrières communes à l’adaptation peuvent se résumer comme suit : la nature des biens publics des ressources menacées, une faiblesse dans la prise de décision collective, et une incertitude sur l’information disponible, ajouté à cela un manque de clarté sur qui est responsable de la mise en place d’action (secteur public ou privé), (Tompkins et Adger, 2005 ). En effet, de nombreux acteurs interviennent dans le processus de l’adaptation, à différents niveaux de décision en fonction de leur capacité à influer sur le pouvoir et avec des intérêts différents, voire opposés. De plus, il n’y a pas de perception claire et commune de ce que constituent en réalité les problèmes d’adaptation (Hofman et al., 2011 ).

Toutefois, malgré ces barrières qui peuvent sembler redoutables, il existe de nombreux leviers pouvant favoriser l’adaptation comme la protection du bon fonctionnement du système économique ou l’amélioration de la sécurité. Cela peut se manifester de diverses manières : à travers les échanges sur le marché, le développent des réseaux sociaux, ou à travers des actions individuelles ou collectives. Cela peut être pris en charge par les individus pour leurs propres bénéfices, ou par les gouvernements dans le but de protéger leur citoyen (Adger et al., 2005 ). Enfin, d’un point de vue plus global, les principaux leviers de l’adaptation aux changements climatiques sont : les standards du développement durable, les objectifs de le CCNUCC et du Protocole de Kyoto et leurs mécanismes financiers, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la législation européenne, les impacts perçus et réels du changement climatique, les initiatives de management du risque et les pratiques de conservations (Thompkins et al., 2010 ).

11« Prendre en compte l’adaptation au changement climatique dans la coopération pour le développement », Document d’orientation, OCDE, Avril 2009.