4.7.3 Bénin

3. Vulnérabilité des activités de pêche

Au Bénin, la pêche joue un rôle central (figure 4). Elle occupe près de 300 000 personnes (MAEP, 2010) et contribue dans une mesure non négligeable à la sécurité alimentaire. Dans les communes de Grand-Popo et Ouidah, les petits producteurs impliqués dans les activités halieutiques sont des ménages pratiquant la pêche, la transformation des poissons, la commercialisation des poissons et la fabrication ou la location des matériels de pêche (MEPN, 2008). Parmi ces activités, la pêche constitue l’activité principale des populations (MAEP, 2010). Cette pêche subdivisée en pêche continentale et en pêche maritime est une activité à haut risque à cause de la « nature fugitive des ressources, de l’hostilité de l’environnement de la mer, et de la périssabilité des produits » (MRAG, 2011). Ces deux types de pêche subissent les effets négatifs de la variabilité et des changements climatiques. Cela s’explique par le fait que les ressources principales sur lesquelles ces activités se développent à savoir les plans d’eau (pour la pêche continentale) et la mer (pour la pêche maritime) sont très sujettes aux risques climatiques comme la rareté/insuffisance de pluies (ou à l’opposé l’excès entrainant les inondations), la hausse de la température et l’élévation du niveau de la mer. A ces facteurs climatiques s’ajoutent la construction d’infrastructures (ports, barrages, etc.) qui favorisent l’érosion côtière et, l’expansion démographique qui augmente la pression sur les stocks de poissons. Une telle situation rend les communautés de pêcheurs particulièrement vulnérables à la variabilité et aux changements climatiques.

Figure 4. Seau rempli de poissons

Figure 4. Seau rempli de poissons

Source : ACED-Bénin, 2014

La pêche en zone côtière (figure 5) revêt donc une vulnérabilité particulière à la variabilité et aux changements climatiques. Dans les communes de Grand-Popo et Ouidah, les impacts se font déjà sentir en termes de baisse des quantités de poissons, de raréfaction de certaines espèces. A l’échelle nationale, plusieurs travaux ont souligné une diminution des précipitations et une augmentation de la température (Afouda, 1990 ; Houndénou, 1999 ; Ogouwalé, 2006 ; Teka, 2010 ; Jalloh et al., 2013). Dans la zone côtière, l’analyse des données sur les quatre dernières décennies, ainsi que les modélisations climatiques montre une diminution des précipitations et un raccourcissement des saisons pluvieuses (Afouda, 1990 ; Teka, 2010). Ces travaux et d’autres études ont souvent porté sur la production agricole en général ; et ont faiblement abordé de façon spécifique la vulnérabilité des communautés de pêcheurs à la variabilité et aux changements climatiques dans la zone côtière.

Figure 5. Groupe d'hommes qui tirent un filet de pêche rempli de poissons

Figure 5. Groupe d'hommes qui tirent un filet de pêche rempli de poissons

Source : ACED-Bénin, 2014