4.7.3 Bénin

2. Changements observés au pays et sur la zone côtière 

Comme la plupart des pays tropicaux, le Bénin connaît depuis les trois dernières décennies une tendance climatique marquée par des irrégularités saisonnières, une diminution des hauteurs de pluie et une réduction du nombre de jours pluvieux. Les températures ont augmenté d’environ un degré pour toutes les stations du pays. Selon les projections de la Deuxième Communication Nationale sur les changements climatiques (2011), les températures de l’air augmenteraient de plus de 3°C par rapport à la période de référence 1971– 2000 d’ici 2100, un peu moins dans le sud-ouest. Les précipitations augmenteraient de 13 % et 15 %, respectivement, dans le Nord-Ouest et dans le Nord-Est du Bénin, mais resteraient largement inchangées dans le sud.

Selon CEDA (2007), le rythme d'évolution actuelle de la côte béninoise suscite d’ores et déjà des inquiétudes. En effet, les écosystèmes côtiers sont soumis à de nombreuses perturbations (naturelles et anthropiques) qui entraînent la modification de leur structure et de leur fonctionnement. Entre autres menaces, il convient de citer : l’érosion côtière, la régression des écosystèmes forestiers, notamment la mangrove en raison de la pression humaine et les diverses pollutions dues aux diverses activités socioéconomiques. L’érosion côtière est l’une des menaces les plus perceptibles de la zone côtière du Bénin (figures 1-2). Celle-ci a des causes aussi bien naturelles qu’anthropiques. Une étude du Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature (MEPN, 2008) montre que les origines anthropiques de l’érosion côtière au Bénin sont le fait des activités économiques et de l’installation de certaines infrastructures dont notamment l’installation des murs de protection du littoral à Kpémé et à Aného, la construction du barrage de Nangbéto, la construction du port de Cotonou, et l’ouverture des carrières de sable le long de la côte. Cette érosion côtière vient aggraver les effets néfastes de la variabilité climatique observée et rend la côte et les modes d’existence y étant reliés très vulnérables. Dans le futur, les changements climatiques auront sans doute des effets importants sur les traits de rivages et sur tous les êtres qui y vivent.

Figures 1. Érosion côtière à Djondji causée par le débordement de l’océan dans un lieu où se rencontrent le fleuve et l’océan ; l’érosion a englouti tout ce village
Figures 2. Érosion côtière à Djondji causée par le débordement de l’océan dans un lieu où se rencontrent le fleuve et l’océan ; l’érosion a englouti tout ce village

Figures 1-2. Érosion côtière à Djondji causée par le débordement de l’océan dans un lieu où se rencontrent le fleuve et l’océan ; l’érosion a englouti tout ce village

Source : ACED-Bénin, 2014.

Le Bénin ayant ratifié la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (le 30 juin 1994) et le Protocole de Kyoto (le 25 février 2002), a conduit nombre d’études pour évaluer l’ampleur des changements à l’échelle nationale. Ainsi, le Bénin a élaboré la Communication Nationale Initiale (CNI) en 2002, le Programme d’Action Nationale aux fins d’Adaptation aux Changements Climatiques (PANA) en 2008 et la Deuxième Communication Nationale (DCN) en 2011. Ces différentes études (et bien d’autres) ont démontré que la zone côtière (faisant partie de la zone agro-écologique 8 dénommée « zone des pêcheries ») à laquelle appartiennent les communes de Grand-Popo et Ouidah, est l’une des zones les plus vulnérables aux changements climatiques au Bénin, en première ligne l’érosion et les inondations (figure 3).

Figure 3. Pont de fortune mis en place pour faciliter la circulation en temps de débordement de la lagune

Figure 3. Pont de fortune mis en place pour faciliter la circulation en temps de débordement de la lagune

Source : ACED-Bénin, 2014.