4.7.3 Bénin

Conclusion et recommandations

L’étude menée a clairement démontré la vulnérabilité des communes Grand-Popo et Ouidah et de l’activité de pêche qui y est pratiquée. Ce constat rejoint celui de la Deuxième Communication Nationale (MEHU, 2011) et de Teka (2010) qui ont précisé la forte exposition de la commune de Grand-Popo. Par ailleurs, la forte sensibilité des ménages à leur niveau de dépendance vis-à-vis des activités de la pêche a pu être mis en évidence. Les résultats de cette étude ont aussi montré qu’au sein d’une communauté, une faible capacité d’adaptation ne traduit pas directement une grande vulnérabilité. Ces résultats confirment ceux de Islam et al (2013) qui estiment qu’une forte sensibilité ne traduit pas nécessairement une forte vulnérabilité, et du GIEC (2001), qui suggère que c’est plutôt la combinaison des trois composantes qui définit la vulnérabilité.

Un fait social pertinent qui a été remarqué au cours de cette étude est que le déplacement (relogement) des communautés dû à l’avancée de la mer ou les inondations créé des clivages entre les membres de la famille. En effet, les familles qui partageaient la même cour se déplacent et ne retrouvent plus un espace disponible et adéquat au maintien de la cohésion sociale et des fonctions familiales. La variabilité et les changements climatiques influencent donc, à priori, les structures sociales des communautés ; et il serait propice que la recherche s’intéresse à la compréhension de ces externalités négatives.

Durant les prochaines années, la vulnérabilité des communautés de pêcheurs en zone côtière pourrait augmenter si l’élévation du niveau de la mer s’accélère comme projeté (IPCC, 2013) et la zone côtière du Bénin subit d’avantage d’inondation et d’érosion. Les variations de la pluviométrie et de la température vont rendre les communautés impliquées dans les activités de pêche encore plus vulnérables et pauvres. La réduction de la vulnérabilité de ces communautés doit être abordée en suivant une approche intégrée afin d’aborder simultanément l’exposition, la sensibilité et la capacité d’adaptation.

Au vu de ces résultats, nous formulons ci-dessous quelques suggestions afin de réduire la vulnérabilité des communautés de pêcheurs de la zone côtière du Bénin.

  • L’approfondissement des travaux de recherche sur le sujet : Quelques pistes de recherche intègrent la prise en compte d’indicateurs clefs comme le niveau de la mer, la température ; la revue de la relation fonctionnelle entre l’exposition, la sensibilité et la capacité d’adaptation ; et l’étude des externalités sociales de la variabilité et des changements climatiques sur les communautés côtières.
  • Le renforcement de l’accès à l’information agricole : Les services de vulgarisation-conseil agricole peuvent améliorer l’accès des communautés de pêcheurs à l’information. L’information agricole pourrait porter sur les prévisions agro-météorologiques, les techniques innovantes de pêche ou le marché.
  • La diversification des sources de revenus : Les communautés de pêcheurs doivent développer d’autres activités génératrices de revenus afin d’augmenter leur capacité d’adaptation. L’aquaculture ou la production maraichère sont des activités qui sont adéquates aux conditions locales donc envisageables. Le SCDA et l’Etat peuvent appuyer la mise en œuvre de cette suggestion.

Sur le plan des interventions visant à réduire l’exposition aux aléas et aux changements climatiques, certaines mesures peuvent être sont proposées :

  • Draguer et désensabler les lacs afin d’offrir aux espèces perturbées de nouvelles conditions écologiques adaptatives en profondeur ;
  • Introduire de nouvelles espèces euryhalines ;
  • Améliorer la production des lacs en protégeant les plans d’eau (enlever les acadjas) ;
  • Promouvoir l’aquaculture ;
  • Reconvertir les populations vers d’autres activités génératrices de revenus (élevage, agriculture) ;
  • Reboiser les berges pour éviter le comblement des plans d’eau ;
  • Sensibiliser et informer les populations riveraines ;
  • Construire des barrages de régulation des échanges des flux hydriques entre lacs et océan ;
  • Arrêter les prélèvements du sable marin le long de la côte.