4.7.2 Le Delta du Saloum au Sénégal

2.4 La gouvernance

Le Sénégal est subdivisé en 14 régions, 45 départements, divisés en arrondissements. Les villes moyennes sont des communes (113 en 2009), les plus grandes villes peuvent comporter plusieurs communes, tandis que les plus petits villages sont regroupés en communautés rurales (370 en 2009). Il y a plus de 13 000 villages au Sénégal, dirigés par un chef. Le Delta du Saloum est séparé en deux régions administratives, celle de Kaolack (1128128 hab., 3 départements, 8 arrondissements) et celle de Fatick (639075 hab., 3 départements, 9 arrondissements). Depuis 1996 et l’adoption de lois dans le cadre de la Grande Réforme de la Décentralisation, plus de pouvoirs ont été transféré de l’État aux régions et aux communes. Comme en France, les collectivités ont le statut de personne morale et sont librement administrées par des Conseils élus. Pour appuyer la décentralisation, le ministère de la Coopération décentralisée est créé en 2002 et le ministère de l’Intérieur et des collectivités locales en 2004.

La gestion environnementale du Delta du Saloum est complexe. En effet, en plus du Parc National du Delta du Saloum, on compte 9 forêts classées (59 000 ha, et 11 en tout avec 84 900 ha dans la région de Fatick), une aire marine protégée (Bamboung) ainsi que des réserves naturelles communautaires (Palmarin, Mansarinko, Missira, Néma Bah, Samé Saroundia, Vallée du Ndinderling, Baria). La Direction des parcs nationaux et des acteurs locaux ainsi que des ONG nationales et internationales sont impliquées dans la protection du patrimoine naturel. L’aire marine protégée de Bamboung est gérée par un comité composé de représentants des 14 villages de la périphérie, avec le soutien de l’ONG environnementale Océanium et un support financier du Fonds Français de l’Environnement Mondial. L’aire marine protégée emploie une quinzaine d’écogardes.

Les activités commerciales principales, l’agriculture et la pêche, sont pratiquées à l’échelle familiale, mais de nombreux pêcheurs sont regroupés dans des groupements d'intérêt économique (GIE) de pêcheurs et de transformateurs, qui suivent une hiérarchie allant de l’échelle locale (Unions Locales) à l’échelle régionale (Fédération Régionale des GIE de pêche) et nationale (Fédération nationale des GIE de Pêche), avec des structures équivalentes pour l’agriculture. Plusieurs organismes fournissent un soutien matériel ou technique aux pêcheurs, dont le service régional de la pêche, le programme Gestion Intégré des Ressources Maritimes et côtières et des projets d’aide internationale à l’image du Centre de Pêche de Missirah financé par la coopération japonaise ou le Projet  italien de sécurité alimentaire  (PISA) financé par la FAO.

La Direction de l’environnement et des établissements classés (DEEC) du ministère de l’Environnement est un des intervenants importants dans la région en ce qui a trait à l’adaptation aux changements climatiques et aux zones côtières. Le rôle des ONG est également très important. Par exemple, le PAPIL est maitre d’œuvre pour la construction de plusieurs digues. Autant à l’échelle du gouvernement central, des gouvernements locaux ou des associations et ONG, le manque de moyens financiers et matériels est souvent cité comme un facteur clé inhibant les initiatives d’adaptation.

Le cadre juridique est présentement en révision, puisque la Loi sur le Littoral doit être adoptée dans un avenir proche (entrevue 1). Dans les dernières décennies, la pression anthropique sur le littoral, exacerbée par la sécheresse à l’intérieur du pays, n’avait pas pu être gérée de manière efficace, menant à une pression importante sur les ressources et une dégradation de l’environnement côtier.

 Entrevue 1 : Docteur Ly, professeur à l’Université Cheikh Anta Diop, nous expose les enjeux juridiques et politiques d’actualité pour l’intégration et la conciliation des changements climatiques dans la planification de l’aménagement et la gestion du littoral au Sénégal. Les récentes révisions du Code du littoral et de la 3e phase de décentralisation du pays sont effectivement susceptibles d’influencer cette intégration des changements climatiques aux politiques côtières.

« Les opinions exprimées dans cette production vidéo sont celles des participants et des personnes interrogées et ne reflètent pas nécessairement celles du CRDI ou de son Conseil des gouverneurs. »

Docteur Ly, professeur à l’Université Cheikh Anta Diop

Durée : 2 min 42 sec