4.7.2 Le Delta du Saloum au Sénégal

2.2 Les populations du Delta du Saloum

Le Delta du Saloum est habité depuis des millénaires. Une des traces de cette occupation sont les 218 amas coquilliers, parfois plusieurs centaines de mètres de long, sur lesquels on trouve plusieurs centaines de tumulus funéraires. Les habitants du Delta du Saloum sont principalement Sérères, les Niominkas habitant le nord du delta (notre terrain d’étude) et les Socés le sud. Depuis l’époque médiévale jusqu’à la colonisation, le territoire était réparti entre les royaumes du Sine (capitales Mbissel, Diakhao) et du Saloum (capitale Kahone-Mbey). Les deux royaumes ont été incorporés au Sénégal suite au décès des derniers souverains (Maad) du Sine (Mahekor Juf, 1924-1969) et du Saloum (Fodé N'Gouye Diouf, 1935-1969), tous deux décédés la même année. La région est cependant très cosmopolitique et d’autres ethnies du Sénégal y sont également présentes ; on parle également le mandingue et le wolof.

L’islam s’est au fil du temps imposé comme la religion dominante au Sénégal et dans le Delta du Saloum. Environ le dixième de la population est catholique. La cohabitation entre les religions s’effectue de manière harmonieuse et non conflictuelle et se caractérise aussi par un syncrétisme avec les religions pré-islamiques et chrétiennes, comme la religion monothéiste des Sérères (Roog) incorporant le culte des ancêtres et le totémisme. 

La pêche et la cueillette de mollusques sont les principales activités pratiquées dans le Delta du Saloum. L’agriculture joue cependant également un rôle important dans l’économie et l’alimentation (mil, riz, maïs, niébé, élevage etc.) (figures 3-4). Il y a aussi un fort mouvement migratoire saisonnier vers les grands centres urbains, amplifié par les problèmes environnementaux et la diminution des ressources naturelles. Le tourisme, l’artisanat, le commerce, l’exploitation des ressources forestières contribuent aux revenus des familles et communautés. Les rôles des hommes et des femmes sont assez marqués, la pêche étant surtout du domaine des hommes et le ramassage des fruits de mer et la transformation (séchage, fumage) celui des femmes. La surpêche et la dégradation des sols agricoles ont considérablement nui à ces activités au cours des dernières années.  La situation économique des communautés est précaire. Dans la région de Fatick, le seuil de pauvreté atteignait 67,8 % en 2012 et il s’agit de la région au Sénégal la plus menacée par l’insécurité alimentaire. L’accès à l’eau potable, l’électricité, l’assainissement, le transport, et d’autres infrastructures et moyens de production reste précaire. On note aussi une grande inégalité entre les hommes et les femmes.

Figures 3. Agriculture et élevage dans la région de Fatick
Figures 4. Agriculture et élevage dans la région de Fatick

Figures 3-4. Agriculture et élevage dans la région de Fatick

Source : É. Lacoste-Bédard, 2014.