4.7.2 Le Delta du Saloum au Sénégal

3.2 Perception des problématiques environnementales et de la vulnérabilité

Les problématiques environnementales sont jugées sévères par la plupart des répondants, surtout pour ceux du village de Djirnda. La salinisation est la principale préoccupation dans 4 des 5 villages (tableau 3). L’avancée de la mer est le deuxième thème mis de l’avant. La majorité des répondants, 65 sur 73, considèrent que les changements climatiques ont une influence sur leurs activités génératrices de revenu ou de moyens de subsistance. Sur ceux-ci, seulement deux ont constaté une hausse de la production; pour tous les autres, la situation s’est dégradée.

Tableau 3. Problématiques environnementales en ordre d’importance par village

Fayako Felir Djirnda Bassoul Diogane
1. Salinisation des terres 1. Salinisation des terres 1. Forte avancée de la mer 1. Salinisation des terres 1. Salinisation des terres
2. Avancée de la mer 2. Montée capillaire dans les cases 2. Salinisation des terres (et des eaux de forage) 2. Forte avancée de la mer 2. Avancée de la mer
3. Dégradation de la mangrove 3. Inondations 3. Destruction des puits côtiers 3. Rareté des produits/poissons 3. Perte de sarres et de paces (lieux de recherche des fruits de mer)
4. Rareté du produit 4. Érosion par le vent 4. Perte des dunes de sable (érosion) 4. Érosion des côtes 4. Perte de mangrove
5. Déplacement des habitants   5. Rareté des pluies 5. Manque de pluies 5. Perte de poissons
    6. Rareté des produits    
    7. Puissance de la mer    

Source : auteurs

Les résidents de tous les villages ont observé des signes d’avancées de la mer et d’érosion.

 Ainsi, à Fayako, la mer a pris 1 km de l’espace habitable en environ 20 ans. Dans certaines parties de l’île, le recul est de près de 2 km. Certaines cultures ont été envahies par les eaux. Les zones nord et ouest sont davantage affectées « d’où les gens ont tous quitté ». À Djirnda, « la mer avance très très vite » et « l’érosion nous fatigue ». À Bassoul, « La communauté rurale est envahie actuellement par l’avancée de la mer, le terrain de foot aussi ». À Diogane, un recul du trait de côte de 2 mètres par an est observé. Un répondant explique que « l’avancée de la mer emporte beaucoup de nos outils de travail surtout en cas de haute marée. Ce quai que vous voyez est détruit chaque année en période hivernale à cause de cette mer qui avance à un rythme vraiment inquiétant. ».

La perception locale des changements climatiques et des évènements climatiques inhabituelle est aussi soulignées par des chercheurs sénégalais (entrevue 4).

 Entrevue 4 : Les communautés locales ont une bonne perception des enjeux de la variabilité climatique grâce à l’observation sur une longue période de temps, dans leur milieu, des évènements climatiques. Professeur Fall nous expose quelques impacts perçus par les populations et termine en soulignant la sensibilité de ces communautés aux changements climatiques dû à leur dépendance à la disponibilité des ressources naturelles.

« Les opinions exprimées dans cette production vidéo sont celles des participants et des personnes interrogées et ne reflètent pas nécessairement celles du CRDI ou de son Conseil des gouverneurs. »

Docteur Boubacar Fall

Durée : 3 min 21 sec