4.7.2 Le Delta du Saloum au Sénégal

2.5 Problèmes environnementaux (suite)

Toutes ces problématiques sont potentiellement exacerbées par les impacts des changements climatiques et l’augmentation du niveau de la mer. La salinisation des sols est un problème qui touche plusieurs régions du Sénégal et en particulier les embouchures des grands fleuves : Sénégal, Siné et Saloum, Casamance du nord vers le sud (figure 14). Dans l’estuaire du Saloum, la salinisation des sols s’étend jusqu’à 40 km de l’embouchure et atteint aussi les nappes phréatiques.

Figure 14. Carte des régions affectées par la salinisation au Sénégal

Figure 14. Carte des régions affectées par la salinisation au Sénégal

Source : INP, 2008

L’érosion côtière est généralisée sur le littoral sénégalais (figure 15). Les taux d’érosion varient selon les endroits et la dynamique littorale. Dans le delta du Saloum, la brèche des flèches de Logoba et surtout de Sangomar en 1987 a eu des effets dévastateurs pour nombre de villages que cette flèche protégeait de la houle, et surtout Djiffère, dont les habitants ont été obligés de se relocaliser. La région de Palmarin et du Delta du Saloum a ainsi les taux de recul côtier les plus importants au Sénégal (entrevue 3).

Figure 15. Taux d’érosion sur le littoral sénégalais

Figure 15. Taux d’érosion sur le littoral sénégalais

Source : DEEC

 Entrevue 3 : Le taux de recule de la côte à Palmarin est particulièrement élevé à cause de la brèche dans la flèche de Sangomar, nous explique Professeur Fall.

« Les opinions exprimées dans cette production vidéo sont celles des participants et des personnes interrogées et ne reflètent pas nécessairement celles du CRDI ou de son Conseil des gouverneurs. »

Prof Boubacar Fall : Entrevue3

Durée : 4 min 12 sec

La diminution de la pluviométrie et la salinisation des terres et des aquifères hypothèquent l’accès à l’eau douce potable. En absence d’alternatives, le bétail et les humains doivent quand même consommer l’eau salinisée des aquifères, ce qui cause des problèmes de santé. Ainsi, on observe une forte prévalence de maladies diarrhéiques, d’hypertension artérielle, d’arthrose ou de problèmes dentaires associées à la consommation d'eau saumâtre. La situation sanitaire est exacerbée par un système de santé déficient, l’absence de personnel médical et la pénurie de médicaments. En cas de nécessité, les malades ne peuvent que difficilement être transférés à cause de l’enclavement et de l’éloignement des structures sanitaires spécialisées (figure 16).

Figure 16. Pirogue médicale à  Djirnda

Figure 16. Pirogue médicale à Djirnda

Source : É. Lacoste-Bédard, 2014