4.7.1 L’augmentation du niveau de la mer et les zones côtières – une vulnérabilité partagée

4.1 Composantes de la vulnérabilité

La vulnérabilité se décline souvent comme le produit de l’exposition, de la sensibilité et de la capacité d’adaptation. De manière générale, les trois territoires étudiés se montrent fortement vulnérables aux impacts des changements climatiques et aux risques côtiers; cette vulnérabilité ne s’articule cependant pas de la même façon dans les trois pays, ni même nécessairement au sein des pays. L’exposition des trois territoires est grande à cause de leur morphologie. Le littoral Acadien au Nouveau-Brunswick est de relief très faible favorisant les inondations et composé en grande partie de côtes sablonneuses ou de conglomérat glaciaires très propices à l’érosion. Le delta du Saloum est situé à très faible élévation et n’est protégé de la houle que par des cordons ou flèches littorales fragiles. La côte du Bénin se situe essentiellement au sein d’une plaine sablonneuse du quaternaire, entrecoupée de lagunes et d’embouchures de fleuves, dont l’élévation dépasse rarement dix mètres.

La sensibilité des territoires est fonction de la nature de leurs écosystèmes d’un côté et de l’occupation du territoire et de la dépendance aux ressources naturelles de l’économie locale de l'autre. Sur ce point, les communautés d’Afrique de l’Ouest sont plus vulnérables puisque la pêche y occupe une place prépondérante dans l’emploi et la génération de revenus. L’agriculture, également fortement affectée par les impacts des changements climatiques et surtout par la salinisation des sols, contribue fortement à l'insécurité alimentaire. Sur le littoral acadien, le secteur tertiaire occupe une place plus grande dans l’économie régionale, or ce secteur est moins affecté par la variabilité et les changements climatiques. La problématique de la surpêche et de l’impact potentiel des changements climatiques sur les stocks d’espèces pêchées, capturées ou élevées s’y pose cependant également.