4.7.1 L’augmentation du niveau de la mer et les zones côtières – une vulnérabilité partagée

3. Adaptation

Les stratégies d’adaptation adoptées par les communautés dans les trois régions à l’étude présentent des similarités à plusieurs égards. Le premier réflexe d’adaptation est généralement la protection, à l’aide d’enrochements ou de murs (figure 7-9). Le retrait est cependant également une réalité, autant au Bénin que dans le Delta du Saloum, où des villages ou parties de village ont dû être déplacés plus en hauteur ou plus loin de la côte. Au Canada aussi, le retrait commence à s’imposer comme une solution douloureuse mais incontournable dans des endroits comme Sainte-Flavie ou Le Goulet. Les limites des mesures de protection apparaissent dans tous les terrains d’étude : murs incomplets ou trop bas ne permettant pas d’éviter l’érosion, structures fragiles lors d’évènements météorologiques extrêmes, effet de bout et accélération de l’érosion des plages. Le renforcement des protections naturelles, qu’il s’agisse de végétalisation de dunes ou de plantation de mangroves, joue également un rôle dans les trois territoires étudiés.

Figure 7. Enrochement, Beaubassin-Est, Nouveau-Brunswick, Canada

Figure 7. Enrochement, Beaubassin-Est, Nouveau-Brunswick, Canada

Source : S. Weissenberger, 2014

Figure 8. Enrochement sur la Petite Côte, Sénégal

Figure 8. Enrochement sur la Petite Côte, Sénégal

Source : M. Noblet, 2012

Figure 9. Digue à Felir, Delta du Saloum, Sénégal

Figure 9. Digue à Felir, Delta du Saloum, Sénégal

Source : É. Lacoste-Bédard, 2014

L’influence humaine et l’aménagement de la côte peuvent avoir des effets délétères qui accentuent les problèmes d’érosion et d’inondations. Parfois, comme dans le cas de Saint-Louis au Sénégal, des interventions humaines vouées à résoudre un problème d’inondation, aggravent au contraire la situation ou sont même à l’origine de problématiques côtières (entrevue 1).

 Entrevue 1 : Docteur Alioune Kane, de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), nous explique le cas de la brèche sur la Langue de Barbarie, à St-Louis, au Sénégal. Cet ouvrage humain qui avait pour objectif de faciliter la sortie de l’eau lors des inondations à St-Louis a eu pour effet imprévu d’accélérer l’érosion et de modifier les caractéristiques de la côte à un tel point qu’il a engendré le déplacement de populations.

« Les opinions exprimées dans cette production vidéo sont celles des participants et des personnes interrogées et ne reflètent pas nécessairement celles du CRDI ou de son Conseil des gouverneurs. »

Docteur Alioune Kane, de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD)

Durée : 5 min 44 sec