4.1.1 Partie 1 : L’importance de la participation citoyenne à l’élaboration de plans d’adaptation et le rôle de médiateur des universitaires : les cas de Pointe-du-Chêne, Le Goulet, Shippagan, Bathurst, Cocagne, Grande-digue, Nouveau-Brunswick, Canada

1.3 Les objectifs spécifiques (suite)

Les deux principales préoccupations concernaient les points ci-après présentés : 

En effet, la crainte des participants est que l’arrêté ne soit trop contraignant, ce qui entrainerait l’échec de son application. Les exigences concernaient l’uniformisation de la couleur des matériaux utilisés pour la construction des murs de protection, la taille des roches, etc. Tout cela serait de trop et ne rendrait l’arrêté que plus difficile d’application. L’arrêté devrait être rédigé de manière à être facile d’application (respect par les résidents et moyens faciles de contrôle par la ville). L’autre aspect est l’applicabilité de l’arrêté géographiquement parlant. L’arrêté municipal s’applique à toute la ville de Bathurst tandis que les amendements proposés s’appliquent à la situation de Caron Point. Il a été retenu que les amendements à l’arrêté seraient proposés tels quels à la ville. Il reviendra alors à cette dernière de décider si elle acceptait les amendements et si elle élargirait leur application à toute la ville ou non. Diverses préoccupations existaient par rapport au design des murs et la réclamation de terres : en l'occurrence certains se demandaient si les ajouts à l’arrêté ne prêteraient pas à confusion pour la réclamation de terre après une tempête et s’il n’était pas possible de rajouter un paragraphe spécifique à ce point. Il a été estimé que cela rendrait la loi trop contraignante et donc difficile d’application. Les préoccupations concernaient aussi le design des murs. Il était question de savoir si dans la procédure d’obtention du permis de construction, c’était au ministère de l’Environnement d’approuver le design des murs. À ces préoccupations il a été répondu qu’il revenait à la ville d’approuver le design des murs de protection. Enfin, les participants ont soulevé des questions liées aux dimensions et distances à respecter par rapport aux points de référence comme la ligne des hautes eaux tel que proposé dans l’arrêté. Il a été retenu qu’il fallait rajouter intégralement le point 2 paragraphe 5 de l’annexe B de la politique côtière qui est :

« Ouvrages antiérosion et structures comme le perré, les digues, les ouvrages longitudinaux et les cloisons pourvu qu’ils soient d’une hauteur maximum de 2 m au-dessus de l’élévation de la plage à la limite du côté terre des biens-fonds côtiers et 2 m au-dessus de la ligne ordinaire des hautes marées s’il n’existe aucune plage (p. ex. falaise), et ne se prolongent pas plus de 3 m du côté de la mer à partir de la limite du côté terre du bien-fonds côtier ». 

L’arrêté a été soumis pour corrections et précisions juridiques avant sa proposition mais n’a jamais été présenté au conseil de ville de Bathurst. 

Par rapport à ce dernier point, les citoyens étaient incertains à savoir à qui revient la responsabilité du matériel et donc du nettoyage des plages. La politique côtière indique que cela relève du propriétaire du mur. Certaines personnes ont trouvé qu’ils serait assez malaisé de rendre qui que ce soit responsable des débris pouvant se retrouver très loin des murs qui les ont générés. Il a été retenu qu’il serait intéressant d’envoyer des correspondances à certaines institutions concernées telles que le Ministère des Ressources Naturelles duquel normalement devrait relever la question de nettoyage puisque les débris se retrouvent sur les Terres de la Couronne. Une correspondance a effectivement été envoyée au Ministère des Ressources Naturelles division des Terres de la Couronne à Bathurst. 

Les principales conclusions tirées de cette recherche action participative est qu’elle a permis le renforcement des capacités communautaires en vue de la prise en charge de la gestion communautaire des problèmes d’érosion à Pointe Carron. Ce projet est innovateur en ce sens qu’il permet la coordination et la mise en réseaux des agences locales et régionales de gouvernement et ce en lien avec les représentants des citoyens pour collectivement établir des règles et aussi d’élaborer un plan préliminaire (vers une planification communautaire durable, 2009) qui permet de retracer le processus pour gérer les conséquences de l’érosion dans le contexte des impacts du changement climatique. Il s’agissait en 2008-2009 d’une première au Nouveau-Brunswick et en Atlantique. Les aspects les plus positifs des interventions des chercheurs de l’Université de Moncton ont été la contribution à la mise en placede mécanismes souples de concertation locale, voire de gouvernance, où chacun : Ministères, municipalité et regroupement de citoyens à un rôle à jouer. Ainsi les citoyens et les agences en arrivent à identifier et à apprécier les compétences locales, à travailler davantage en réseau et à mieux se respecter dans un processus d’apprentissage mutuel.