4.1.1 Partie 1 : L’importance de la participation citoyenne à l’élaboration de plans d’adaptation et le rôle de médiateur des universitaires : les cas de Pointe-du-Chêne, Le Goulet, Shippagan, Bathurst, Cocagne, Grande-digue, Nouveau-Brunswick, Canada

1.3 Les objectifs spécifiques 

Les objectifs spécifiques ont été définis comme suit : 

Dans le cas de la Pointe Carron, la démarche partenariale avec les résidents a permis une prise de conscience des problèmes qui se posaient à eux et ils ont pris la décision de trouver des solutions durables et appropriées localement à ces problèmes. L’accompagnement des chercheurs de l’Université de Moncton a donc permis de faciliter les discussions et d’assurer la prise en compte de l’avis de chacun à travers la prise de décision consensuelle. Leur présence a également permis la mise en commun des savoirs locaux et scientifiques nécessaires afin d’en arriver à une vision plus durable. 

La coordination et la mise en réseau des acteurs régionaux et locaux a permis de montrer la place de chacun et de légitimer le processus de la mise en place de procédures, de règlements menant à la rédaction d’une proposition d’amendement à l’arrêté municipal et à une brochure d’information élaborée collectivement. Ce partenariat passe par l’échange d’informations, l’installation d’un climat de confiance et une meilleure coordination entre les différentes interventions afin d’éviter les duplications et les contradictions. Les atouts d’un tel partenariat sont entre autres la réduction des conflits et une plus grande efficacité et efficience des interventions (Rankin, 2008). D’autre part, cela contribue au renforcement des capacités des communautés qui apprennent les bénéfices de la recherche action participative (Participatory Action Research) et à se familiariser avec la prise de décisions consensuelles et contribue à identifier adopter les compétences locales. Par exemple la lecture et l’interprétation d’une carte, la meilleure connaissance des bases scientifiques du problème qui se pose, savoir à qui s’adresser pour obtenir les réponses à une préoccupation, etc. Ces communautés pourront alors être plus autonomes. 

L’objectif principal était de proposer à la municipalité des outils pour l’harmonisation des travaux de protection contre l’érosion qui sont entrepris par les résidents avec la Politique de protection des zones côtières de la Province (2002). Il s’agissait de renforcer l’arrêté municipal existant par rapport au problème de l’érosion. En ce sens, trois amendements ont été proposés par le Groupe de travail coordonné par l’Université de Moncton. Suite aux interviews menées antérieurement en 2007-08, l’une des préoccupations des résidents est le manque ou l’absence d’harmonisation locale de règlementation concernant les méthodes de protection contre l’érosion, notamment la construction des murs de protection.

Le premier amendement proposé à l’arrêté de la municipalité se lit comme suit :

L’ouvrage est construit à partir de l’emplacement exact de ou des ouvrages adjacents de chaque côté lorsque ces ouvrages sont présents et suit les contours de la limite du côté terre des biens-fonds côtiers.

Le second amendement élaboré par les partenaires se lit ainsi :

L’ouvrage est construit de pierre et est incliné pour former une pente de 1 :1 de l’horizontale afin de dissiper la réflexion et l’énergie des vagues.

Et le troisième amendement :

Que les structures soient d’une hauteur maximum de 2 m au-dessus de l’élévation de la plage à la limite du côté terre des biens-fonds côtiers et 2 m au-dessus de la laisse ordinaire des hautes eaux s’il n’existe aucune plage (p. ex. falaise), et ne se prolongent pas plus de 3 m du côté de la mer à partir de la limite du côté terre du bien-fonds côtier; (texte tiré de la Politique de protectionde la zone côtière pour le Nouveau-Brunswick).