4.1.1 Partie 1 : L’importance de la participation citoyenne à l’élaboration de plans d’adaptation et le rôle de médiateur des universitaires : les cas de Pointe-du-Chêne, Le Goulet, Shippagan, Bathurst, Cocagne, Grande-digue, Nouveau-Brunswick, Canada

1.1 Contexte

Le site de Bathurst est habité depuis longtemps par différentes Premières Nations, dont subsistent aujourd’hui les Mi’kmaq de Pabineau. La ville de Bathurst est située sur les rives du Havre de Bathurst, qui communique par un étroit canal avec la baie Népisiguit, qui s’ouvre sur la baie des Chaleurs. Deux rivières aboutissent dans le havre de Bathurst (rivière Tétagouche, Grande rivière Népisguit), en plus de quelques ruisseaux. Cette configuration géographique rend la ville particulièrement vulnérable aux inondations. Vers l’ouest, le territoire de Bathurst s’élève jusqu’à 50 mètres d’altitude, de sorte que La rivière Tétagouche coule dans un canyon, la vallée de Lourdes. 

L’économie de Bathurst est variée et a régulièrement été en transition dans le passé récent. Les secteurs traditionnels – mines, foresterie, construction navale, pêche – ont fait place à de nouveaux secteurs, dont les des services. Bathurst est un important centre de transport, que ce soit par voie ferroviaire (le train « Océan » de Via-Rail) ou par voie aérienne (seul aéroport du nord du Nouveau-Brunswick). 

Des études sur l’érosion et les inondations ont été menées en collaboration avec la communauté de Bayshore Drive à Pointe Carron, sur le territoire de la ville de Bathurst. Pointe Carron est une flèche dunaire de 1,5 km de longueur, qui fait partie d’un système de dunes côtier de 12 km de longueur. La situation du site sur la Baie des Chaleurs et son accès facile à la mer a mené à ce qu’il soit utilisé depuis plus de 250 ans pour la pêche, la natation et le développement résidentiel. On y recense aujourd’hui la plus forte densité de chalets et maisons sur les dunes de sable de la province. La diversité des paysages de Pointe Carron est importante : plages, dunes, marais côtiers, zones intertidales et plates-formes rocheuses. Le marais côtier en arrière de la pointe couvre plus de 40 hectares. 

La dune est en évolution constante. L’étude de photos aériennes anciennes et récentes a montré que les falaises à l’est de la Pointe Carron ont subi une érosion inégale depuis 1939. En revanche, le transport de ces sédiments par les courants marins fait que la flèche de la pointe Carron s’est étendue de 70 mètres vers la mer depuis 1939. Des ouvrages de protection ont été installés sur 30 % de la longueur de plage.

Cette carte montre la localisation et la structure géographique de la flèche de la Pointe Carron.

Figure 1. La Pointe Carron.

Source : Service New Brunswick 1998 Digital Topographic Data Base (DTDB98); produced by the New Brunswick Department of Natural Resources Geological Surveys Branch. Dans Chouinard et al., 2009.

Cette photo aérienne montre la flèche de la Pointe Carron avec la route, les habitations, la plage, le marais et les forêts en arrière.

Figure 2. La promenade Bayshore.

Source : Dans Chouinard et al., 2009.