3.3.3 L’accommodement et les modèles mixtes

Présentement, l’Égypte adopte surtout des stratégies d’adaptation réactive, qui allient la protection à l’accommodation. Face à l’érosion et au retrait de la côte aux pointes exposées (76 m/an a Rosetta et 52 m/an à Damiette), des digues en béton ont été construites (figure 13b) (Hererer, 2010). Cependant, ces digues ne s’avéreront suffisantes que pour une augmentation du niveau de l’eau de 50 cm. La ville d’Alexandrie dépense 300 millions de dollars par an pour protéger sa côte (Johnson, 2007). Des routes surélevées servent également accessoirement de digues (figure 13a). La conservation de la ceinture dunaire est une priorité, puisqu’elle représente une protection naturelle importante contre les inondations et l’infiltration d’eau de mer. Ainsi, des pratiques d’excavation causant une destruction des parties fragiles de la ceinture sableuse (figure 13c) sont découragées. D’autres mesures d’adaptation « douce » comprennent l’utilisation de cultures plus résistantes au sel, l’installation de collecteurs d’eau et l’implantation d’une gestion intégrée des  zones côtières (El Raey, 2005).

Ces photos montrent une route surélevée sur un talus de sable, des blocs de béton comme mur anti-érosion au bord de mer et une carrière de sable avec des palmes.

Figure 13. stratégies d’adaptation dans le delta du Nil

Source : Hererer, 2010.