3.2.7 Approvisionnement en eau

L’intrusion d’eau salée dans les aquifères côtiers est un problème majeur dans de nombreuses zones côtières, par exemple Tuvalu, Vanuatu, Haïti, la bande de Gaza ou le Nouveau-Brunswick. Il n’existe aucun moyen pour empêcher cette intrusion, cependant un facteur qui la facilite est la surconsommation de l’eau des aquifères qui fait baisser la table d’eau. La solution principale réside donc dans une diminution de la consommation, cependant difficile à implémenter, surtout dans les régions dans lesquelles la population ou l’activité économique croît.

Une autre solution est d’utiliser des sources d’eau alternatives, comme la récupération d’eau de pluie ainsi que de minimiser les pertes d’eaux occasionnées par l’agriculture (installation de canaux d’évacuation des eaux d’irrigation, techniques agricoles spécialisées) et l’érosion (stabilisation des sols) ou de récupérer d’eaux usées pour des fins autres que la consommation humaine.

L’approvisionnement en eau potable par aqueduc est très cher. La municipalité de Le Goulet, comptant moins de 1000 habitants, devrait dépenser 14 millions de dollars pour un tel service. En conséquence, la municipalité a préféré déplacer les maisons les plus à risque et adapter les règlements de zonage (Richardson, 2010).

Dans certains endroits comme les milieux insulaires, aucune autre source d’eau n’est disponible et la construction d’usines de désalinisation est la seule solution. L’osmose inverse est la technique la plus fréquemment utilisée. Le cout d’un mètre cube d’eau potable revient à 0,5-1 $. Pour une consommation de 50 litres par jour, recommandée par les Nations Unies, cela revient donc à 2,5-5 ¢ par jour par personne. Pour des pays développés, ces coûts ne sont pas prohibitifs, des régions comme Israël, l’Australie, l’Espagne, Singapour, les États-Unis ou les pays de la péninsule arabe ont de plus en plus recours à la désalinisation. Certaines usines sont alimentées par des énergies renouvelables : L’usine de désalinisation de Perth est alimentée par un parc éolien, la nouvelle usine construite à Vanuatu à l’énergie solaire. Cette dernière coutera 4 millions de $, financés par un fonds japonais, et alimentera 10 850 personnes et un centre de soins médicaux.

Les investissements massifs dans des usines de désalinisation ne sont pas toujours bien vus par les experts. Barnett (dans Heffernan, 2012) objecte qu’une meilleure gestion de l’eau, le captage d’eau de pluie et le recyclage des eaux usées domestiques auraient suffi à contrer la pénurie d’eau en Victoria en Australie au lieu de dépenser 2,9 millions de $ pour l’usine de désalinisation de Wonthaggi.