3.2.4 Protections naturelles

Les formations et écosystèmes côtiers fournissent une protection importante contre l’effet des tempêtes, des vents ou des inondations. Cependant, le développement côtier et l’utilisation des ressources naturelles fragilisent ces protections naturelles. Lorsque des protections artificielles doivent pallier au risque accru causé par la dégradation des systèmes côtiers naturels, cela entraine des couts importants. Pour cela, la réhabilitation et conservation des milieux naturels sont de plus en plus valorisées au sein des stratégies d’adaptation. Cependant, cela doit être fait avec diligence. Par exemple, dans l’Andra Pradesh, des Casuarina, une espèce d’arbre étrangère à la région, a été plantée comme bouclier anti-inondation. Non seulement, cette mesure n’a pas été efficace, mais de plus les Casuarina ont envahi les mangroves locales, nuisant à la biodiversité (Feagin et al., 2009)

Les terres humides

Les terres humides côtières (marais salants) sont des environnements très productifs qui abritent une biodiversité importante et agissent comme trappe à sédiments en même temps que de stabiliser les côtes (figure 9). Elles représentent une protection efficace contre les inondations. Costanza et al. (2008) ont établi qu’en Louisiane, la perte d’un hectare de terres humides augmentait le coût d’un ouragan de 33 000 $. Sur cette base, la valeur de protection des terres humides aux États-Unis s’établit à 23,2 milliards de $ par an (Costanza et al., 2008). Ce sont donc des protections côtières importantes. Ces terres humides peuvent s’adapter à une augmentation progressive du niveau de la mer en migrant vers l’intérieur des terres, pour autant que le développement côtier leur en laisse la place. Le phénomène de compression côtière (anglais « coastal squeeze ») est donc à éviter. Dans sa politique de protection des zones côtières de 2002 ainsi que dans sa politique de protection des côtes, la province du Nouveau-Brunswick recommande de laisser une zone tampon de 30 mètres pour maintenir l’intégrité écologique des terres humides (Carron erosion study team, 2009). Bien sûr, les déplacements à pied ou a fortiori en véhicule motorisé ainsi que le déversement de déchets sont absolument à éviter, puisque les plantes présentes dans les terres humides sont très fragiles.

Cette photo montre un marais côtier au Nouveau-Brunswick.

Figure 9. Marais salé près de Peters River, New Brunswick.

Source : Recovery Strategy and Action Plan for the Maritime Ringlet in New Brunswick, 2005.