2.5.1 Recul de la côte

La formule de Bruun de 1962 est souvent utilisée pour estimer le recul de la côte. En état d’équilibre, elle prédit un recul de 1,0 à 1,5 mètres par cm d’augmentation du niveau de la mer (Heberger et al., 2009). Cette méthode est cependant très approximative puisqu’elle considère une plage idéalisée, sans prendre en compte le transport latéral de sédiment. En réalité, le recul variera d’un endroit à l’autre selon les courants dominants et l’exposition aux ondes de tempête. Dans les deltas, les activités dans les bassins versants comme la construction de barrages, la rectification de cours d’eau ou la dégradation des sols ont aussi une influence sur les taux d’érosions nets puisqu’elles modifient le transport fluvial de sédiments.

La vitesse d’érosion dépend du substrat. Les substrats meubles sont plus facilement érodés que les falaises en roche ou certains écosystèmes. Ainsi, au Nouveau-Brunswick, les taux moyens de recul observés sont de 0,26 m/an pour les falaises, 0,33 m/an pour les marais, mais 0,76 m/an pour les plages et 0,80 m/an pour les dunes.  

Parmi les falaises, les falaises rocheuses dures (granit, gneiss, basalte, etc.) ne s’érodent que sur des périodes de temps géologique, de l’ordre du millimètre par an. Les falaises rocheuses tendres (calcaire, schiste, etc.) reculent de typiquement de l’ordre du centimètre par an, les falaises en roches friables (craie, etc.) ou meubles (tillages, sables, etc.) beaucoup plus rapidement. Malheureusement, les substrats les plus stables sont aussi les plus difficiles à construire, de sorte que les habitations sont souvent établies sur les substrats plus prônes à l’érosion. L’établissement de fondations dans du granit est excessivement cher comparé à des substrats plus meubles, qui permettent aussi plus aisément de poser  des conduits de drainage ou de construire des fosses septiques.