2.2.1 Augmentation du nombre et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes

L’impact des changements climatiques sur la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes varie selon les régions et les échelles de temps considérées. Il peut dépendre du déplacement de patrons de circulation atmosphérique, du changement de comportement de cycles climatiques (aussi appelés modes annulaires) comme ENSO (El Niño Southern Oscillation) ou NAO (North Atlantic Oscillation), de l’altération des moussons liées à la position de la zone de convergence intertropicale et d’autres circonstances locales ou globales.

Sous les moyennes latitudes, un renforcement des vents d’Ouest a été observé entre les années 1960 et les années 1990 (Trenberth et al., 2007). Conjugué avec un déplacement vers le nord des modes annulaires et des trajectoires de tempêtes, cela explique l’augmentation de l’intensité des tempêtes, de la vitesse des vents ainsi que de la hauteur des vagues (figure 4) observées en mer du Nord (Lefevre, 2000 ; Trenberth et al. 2007) ou dans le Canada Atlantique (Daigle, 2006). Ces observations sont d’ailleurs conformes aux résultats des modèles climatiques (Fischer-Bruns et al., 2002 ; 2005). Il est à noter que des périodes de fortes tempêtes ont existé dans le passé ; ainsi la fin du 19e siècle était caractérisée par une activité comparable à celle des années 1990 (Alexandersson et al., 1998, 2000). Comme les mesures de pression atmosphérique n’ont débuté qu’en 1880, il est difficile de tirer des conclusions sur une plus longue période de temps. Si les tendances se poursuivent et en incluant la hausse du niveau de la mer selon le scénario GIEC, les surcotes de tempête dans la mer du Nord pourraient augmenter de 20 cm en 2030 et 70 cm en 2085 (Helmhotz Gesellschaft, 2007).

Ce graphique montre l’évolution de la hauteur des vagues (augmentation, diminution) à la surface de la Terre
Termes en anglaisTermes en français
cm per decade cm par décennie

Figure 4. Évolution de la hauteur significative des vagues entre 1950 et 2002. La hauteur significative est définie comme la hauteur moyenne du tiers supérieur des vagues.

Source : Gulev and Grigorieva (2004) dans IPCC (2007).