2.1.4 Est-ce que le niveau de la mer augmente de manière égale partout ?

Le niveau de la mer n’augmente pas également partout. Il n’est constant ni dans le temps ni dans l’espace. Les vents et les courants océaniques modifient son niveau. Ainsi, dans les grands gires océaniques, la partie centrale est surélevée d’environ 20 cm. Le phénomène météorologique El Niño crée un gradient de plus de 20 cm en refoulant les eaux de l’Amérique du Sud vers l’Australie. Des évènements ponctuels peuvent influer sur le niveau de la mer pendant quelques années. Ainsi, l’éruption du Krakatoa de 1883, et d’autres éruptions importantes, peuvent causer une baisse du niveau de la mer à cause du refroidissement des eaux de surface et, par convection, d’eaux plus profondes, qui perdure quelques décennies (Glecker et al., 2006).

Les cycles climatiques ont aussi une influence. Entre 2010 et 2011, le niveau de la mer a baissé de 1 cm, ce qui a pu être expliqué par les précipitations intenses dues à l’épisode En Niño, qui ont transféré des quantités d’eau importantes de l’océan aux continents (Boening et al, 2012), assez pour provoquer une baisse mesurable du niveau de l’océan. Un an plus tard, l’eau ayant ruisselé des continents vers l’océan, son niveau de la mer était revenu à l’état normal et reprend depuis sa montée.

L’évolution des vents et courants peut provoquer une augmentation locale du niveau de la mer plus importante dans certaines régions que dans d’autres. Par exemple, selon certains modèles (Han et al., 2010), le niveau de la mer augmenterait plus vite que la moyenne mondiale sur les côtes de Sumatra et certaines parties de l’Inde et du Bangladesh, mais moins vite sur Zanzibar, les Seychelles et la côte est de l’Afrique.

La croute océanique se déplace également verticalement. Dans les hautes latitudes, la croute continentale se réajuste encore aujourd’hui suite à la disparition des calottes glaciaires. Au cours de cet ajustement isostatique, les centres des anciennes calottes à l’exemple de la Baie de Hudson ou de l’Écosse se soulèvent tandis que certaines régions périphériques comme le sud de la Nouvelle-Écosse ou de l’Angleterre s’affaissent (voir les études de cas sur le Québec et le Nouveau-Brunswick). L’activité tectonique ou volcanique peut aussi causer des mouvements verticaux, comme dans le cas d’îles volcaniques ou du séisme de 2010 en Haïti. Ces mouvements verticaux se répercutent en une évolution du niveau relatif de la mer.