Impacts du changement climatique sur les arbres

Les forêts recouvrent 86% de la superficie totale du Nouveau-Brunswick. Elles sont très utiles à l’économie de la province, mais aussi très susceptibles aux impacts du changement climatique.

Les changements rapides liés au climat auront des incidences sur le taux de croissance des arbres, leur taux de mortalité, les régimes de perturbations naturelles (ex : les feux, les insectes…) et la répartition des essences forestières après les perturbations. Les impacts seront cumulatifs et interreliés. Par exemple, les dommages causés par les insectes peuvent augmenter le risque de feux de forêts; la sécheresse peut causer un stress aux arbres, les rendant plus vulnérables aux attaques par les insectes et les maladies.

Pour pousser, les arbres ont besoin d’un sol en santé, d’une quantité suffisante de précipitations et de températures appropriées. Avec le changement climatique, ces éléments pourraient être modifiés et entraîner des impacts sur les arbres. En voici quelques-uns :

Migration des arbres

  • Avec les modifications de températures, des précipitations et selon les caractéristiques du sol et la présence d’éléments nutritifs, les espèces d’arbres vont migrer ou essayeront de le faire.
  • Les espèces réagiront individuellement aux changements du climat et les écosystèmes ne se déplaceront pas comme des unités cohérentes.
  • Certains habitats pourraient disparaître et certains pourraient migrer vers le nord ou à des latitudes plus élevées.
  • Comme les arbres ne peuvent pas se déplacer, leur migration dépend de la façon dont leurs graines se dispersent et du transfert de semences par les humains. Dans l’Est du Canada, les arbres auraient besoin de se déplacer de quelques milliers de mètres par année pour faire face aux nouvelles conditions climatiques. Cependant, la plupart des espèces bouge de 100 à 200 mètres /année. Avec le taux rapide des futurs changements dans le climat, il se pourrait que les capacités de reproduction et de dispersion de certaines espèces soit affectées.
  • Les espèces les plus vulnérables seront celles qui ne tolèrent que de faibles écarts de température et qui ont une croissance lente et des paramètres de dispersion limitatifs, comme par exemple la lourdeur de leurs semences. Ainsi, le peuplier faux-tremble qui a de meilleurs paramètres de dispersion que le chêne rouge ou le pin gris pourrait migrer plus facilement en réaction au changement climatique.

Changements dans la composition des forêts

  • La composition forestière pourrait changer, favorisant les arbres les mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques et à des régimes de perturbation modifiés.
  • La zone de transition entre la forêt et la prairie deviendra probablement une zone de prairie.
  • Il y a de grandes possibilités que le sapin baumier ait plus de difficultés à s’adapter aux conditions.

Introduction de nouvelles espèces dans des régions où elles n’avaient pas été observées auparavant

  • De nouvelles espèces pourraient s’établir sur un site donné.
  • On pourrait voir ici plus d’espèces qui poussent actuellement en Nouvelle-Angleterre (ex : chêne, forêt mixte d’épinettes-sapin, pin…).

Insectes et pestes ayant un impact sur les arbres

  • Les insectes ont un cycle de vie court, se déplacent et se reproduisent facilement. Ceci leur permet de s’adapter rapidement à de nouvelles conditions et de tirer rapidement profit des nouvelles possibilités.
  • Avec le changement climatique, il risque d’y avoir augmentation de la superficie, de la durée et de l’intensité des infestations de certains insectes.
  • Il y aura plus d’incertitudes sur le temps d'apparition et l’ampleur des grandes infestations d’insectes.
  • Les hivers plus chauds permettraient à certains insectes nuisibles de survivre d’une saison à l’autre et d’étendre leur zone d’activité.

Incendies de forêt

  • Une augmentation de la température, une diminution des précipitations hivernales et une augmentation de la sécheresse au sol favorisent les incendies de forêts.
  • Avec le changement climatique, les incendies pourraient devenir plus fréquentes, plus intenses et survenir à des moments de l’année où elles ne devraient pas se produire normalement.
  • Les superficies touchées seront plus grandes chaque année et la saison des feux sera allongée.
  • D'autres facteurs influençant la saison des feux sont: le vent, la fréquence des éclairs, les conditions d’humidité avant les feux et les mécanismes de gestion des feux.

Sécheresses

  • Les sécheresses pourraient être de plus longue durée, toucher une plus grande superficie de la forêt et être plus graves (en augmentant le stress aux arbres et leur vulnérabilité aux insectes et aux maladies).

Événements météorologiques extrêmes (orages, tempêtes de vent et de grêle, précipitations intenses, sécheresses, hivers plus chauds…)

  • L’élévation de la température en hiver (2 ou 3o C pendant quelques jours) fait couler la sève et ouvrir les bourgeons. L’arbre n’est alors plus dormant. Ensuite, la température diminue et il y a une gelée. Les bouts des branches et les bourgeons sont endommagés et l’arbre doit concentrer son énergie sur la réparation au cours de la saison suivante au lieu de sa croissance.
  • Des tempêtes de verglas plus fréquentes, plus intenses et de plus longue durée et étendue vont causer des dommages aux arbres.
  • Des vents violents accompagnant les tempêtes risquent d’endommager ou détruire les forêts.

Diminution de la couverture de neige

Le couvert de neige agit comme un isolant, contrôlant la température du sol. Sans cette neige, le gel au sol est augmenté, causant des dommages aux racines. La survie des larves d’insectes dans le sol peut être compromise par un faible couvert de neige, qui engendre une baisse des températures et une augmentation des événements de gel-dégel.

De faibles précipitations sous forme de neige font en sorte que la disponibilité en eau des sols au printemps est réduite, ce qui peut retarder le début de la saison de croissance ou diminuer la croissance des arbres.


Références