Activités pédagogiques


Les grains de sable étonnants par Diane Pruneau, professeure

Ceci est l'histoire d'Amélia et Marcel, les enfants qui ont essayé de compter les grains de sable sur une plage des Maritimes. En effet, Amélia et Marcel habitaient à Cap Pelé, un village situé sur la côte atlantique, face à l'Ile-du-Prince-Édouard. Amélia était une mordue des mathématiques et Marcel adorait la plage. Amélia calculait absolument tout et Marcel racontait que ses meilleurs amis (à part Amélia) étaient une vieille coque qui venait lui rendre visite dans sa cachette du marais, un vers des sables qu'il avait sauvé de la chaudière d'un pêcheur et un crabe vert qu'il allait manger un jour, quand celui-ci serait trop vieux.

Ce jour-là, le jour S (comme les deux amis l'avaient baptisé), Amélia et Marcel étaient installés dans la cachette du marais, près de la plage des Aboiteaux, et il se préparaient pour la grande operation. Ils avaient l'intention de calculer, sans se tromper, le nombre exact de grains de sable qui se trouvaient sur cette plage. Ils avaient entrepris ce projet pour le plaisir mais aussi pour voir un jour leur nom dans le Livre des records canadiens. L'an dernier, Amélia avalt emprunté ce livre à son grand-père et elle pensait que ce serait bien pour une future mathématicienne, de retrouver son nom dans ce grand ouvrage important.

Dans la cachette, une discussion animée était en cours.



    Marcel
  • "Tu pars à gauche et je commence à droite. À, chaque fois qu'on voit un grain de sable, on fait un point sur cette feuille. Ensuite on calculera le total."

    Amélia
  • "Non, non ! On ne va pas les compter un à un. Il faut avoir plus de méthode. On va additionner le nombre de grains qu'on retrouve dans un pouce carré... Ensuite, on va mesurer la plage et..."

    Marcel
  • "Attends! J'ai une autre idée! On va faire passer tout le sable dans le petit trou de mon sablier. Moi, je vais remplir le sablier et toi tu vas compter!"

Ils s'entendirent finalement pour utiliser la méthode de Marcel et pour débuter leur calcul par le dessous de la plage. Ils commencèrent donc à faire passer dans le sablier tout le sable mouillé situé sur une bande de 3 mètres par 40, vis-à-vis de la cachette de Marcel. L'opération était facile car la marée était basse et la plage ne pouvait s'étendre plus loin du côté de l'océan. Amélia disait qu'il s'agissait là d'une importante mesure pour contrôler la variable largeur. Marcel, qui ne comprenait pas vraiment tous ces grands mots, avait approuvé quand même car il avait hâte de commencer.

Ils creusèrent donc tout l'après-midi dans cette partie de la plage que les scientifiques appellent la zone intertidale. Et... c'est à ce moment-ci que les surprises commencèrent à se manifester. Douze ou treize fois, ils durent enlever du sablier un bigorneau qui essavait de se sauver en se demandant comment il avait fait pour arriver là. À quelques reprises, c'est une coque qui a sorti son pied du sablier avec un air malheureux, ce qui a beaucoup ennuyé Marcel surtout quand c'est son amie la coque qui s'est fait prendre au piège. Et... une mactre, trois palourdes, deux lunatices, des trentaines de morceaux de crabes, trois bernards l'hermite... Le pire, c'etait les puces de mer ! Quand le sable en contenait, plus moyen de se concentrer pour compter ! Elles sautaient partout, à une vitesse incroyable ! Et les algues...! A la fin de l'après-midi, le sablier était inutilisable tant les a1gues étaient emmélées dans le trou. Marcel aussi d'ailleurs était inutilisable ! Il avait oublié le livre des records... De temps en temps, il creusait vivement, très excité, car il était sûr que, dans cette pelletée-là, il allait découvrir des êtres nouveaux et incroyables. Parfois aussi, Amélia le voyait s'asseoir sur une roche plate et rêver. Interrogé à ce sujet, il lui dit qu'il pensait à tous ces animaux et plantes qui habitaient près de la mer et qu'il aimerait apercevoir un jour.

Comme Amélia ne pouvait plus compter, elle s'installa près de Marcel sans dire un mot. Les deux enfants restèrent ainsi, occupés à contempler le paysage, jusqu'à ce que la mer remonte pour recouvrir ces êtres bizarres et secrets, captifs de la marée.

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Par Diane Pruneau, B.A., M.A., Ph.D. (Université Laval)
Professeure Département d'enseignement au primaire et de psychologie éducationnelle



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