Le solo

Le solo est une activité de contact avec la nature. Il se fait habituellement à la fin d'une sortie éducative en nature. C'est une relaxation avec la nature, où on observe et on utilise tous nos sens pour le faire. On se permet d'oublier notre stress de la vie de tous les jours. On cherche surtout la paix, une tranquillité qui nous vient en observant ce qui nous entoure avec nos yeux, notre nez, nos oreilles et nos doigts. Les Autochtones pratiquent leurs prières à terre parce que ça leur permet de créer des liens avec Dame Nature.

Un solo peut se pratiquer avec un groupe à la condition que chaque participant aille se trouver un espace où il ou elle n'est pas dérangé par les autres. Avant que chacun aille se trouver une place, on peut lire un texte qui se rapporte à la nature. Vous en trouverez un exemple ci-dessous. Vous pouvez aussi choisir une courte histoire dans un livre de lecture se rapportant à la nature.

Après le solo, on peut demander à chacun de ramener un objet naturel non vivant et lui demander d'expliquer pourquoi il l'a choisi. On peut simplement demander à chacun d'exprimer les sentiments ou les pensées qu'il a eus pendant le solo.

Pour amener un groupe d'élèves à faire un solo, il serait utile d'avoir un groupe de parents pour vous accompagner. Chaque parent peut s'occuper d'un petit groupe d'enfants et ainsi il s'occupe de voir à ce que les enfants ne s'éloignent pas. Le partage pourra donc se faire en plus petits groupes laissant ainsi la chance à chacun de parler.

Un solo peut durer de 10 à 15 minutes au début. Si vous emmenez vos élèves de façon régulière dans la nature, ils vont vouloir rester de plus en plus longtemps. Un sac à déchets est utile lorsqu'on veut s'asseoir à terre. Il peut être réutilisé à plusieurs reprises.

Lors d'un solo, on peut aussi demander aux élèves d'effectuer de petites activités, surtout au début lorsqu'ils ne sont pas habitués de vivre ce type d'expérience. On peut leur demander, par exemple de noter leurs premières impressions au sujet de leur territoire et de dessiner la carte de leur territoire. L'élève peut se laisser attirer par un être naturel, l'observer, le toucher, le sentir, prendre contact avec lui, lui donner un nom fictif. L'élève peut aussi essayer de faire des séries de " pssh…pssh…pssh… " pour attirer les oiseaux, écouter les sons de son territoire, d'abord au loin, puis de plus près. Il pourrait faire quelque chose pour aider un être en vie sur son territoire.

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Le son des flocons (tiré du livre More Teaching Kids to Love the Earth, 1995 par James Kasperson et Marina Lachecki).

Olivier était assis dans une pièce sans fenêtre lorsqu'il commença à neiger. Il concentrait sur un point en quelque part au milieu de la table de conférence. Il pensait au deux autres conférences auxquelles il devait assister après celle-ci. Présentement, on parlait de fusionner deux agences de services sociaux. Olivier représentait une de ces deux agences. Son travail était intense. Son horaire était très chargé. Il devait être à sa prochaine réunion dans vingt minutes et elle prenait place à l'autre bout de la ville. Il était tellement pressé lorsqu'il quitta l'édifice qu'il ne se rendit pas compte que la neige avait commencé à tomber.

Lorsque Olivier atteignit le terrain de stationnement il s'aperçut qu'il n'était pas le seul à être pressé. Trois autres personnes qui étaient à la réunion démarraient déjà leur voiture. Il fit signe à l'une d'elle qui quittait le terrain, lorsqu'il aperçut la couleur pâle des phares de son auto qui étaient restés allumés. Il faisait encore noir ce matin lorsqu'il était parti de chez-lui mais il faisait claire lorsqu'il était arrivé à sa réunion. Il avait donc oublié d'éteindre ses phares.

Il essaya de démarrer son auto. En premier, il entendit un petit grognement mais après quelques secondes, il entendait seulement le son du click, click, click. Il retourna à l'édifice appeler pour une remorqueuse et alla à son auto pour l'attendre. Il nettoya deux pouces de neige de l'auto et se rendit au bout du terrain de stationnement. Là, il nettoya la neige sur un poteau et s'y installa pour faire face à l'autoroute. Ici, il pourrait faire signe au remorqueur lorsqu'il descendrait de l'autoroute.

La neige tombait très droite. Olivier remarqua le corps solide blanc que créait la neige-la rue était blanche-le stationnement était blanc-même le toit oblique de l'église était blanc-comparé au motif découpé que créait la neige tombante.

Lorsqu'un auto passa devant lui il réalisa que le son habituel d'une voiture était amorti. La neige amortissait tous les sons. Lorsque l'auto disparue de vue il continua d'écouter de façon intensive. Il se demanda si chaque flocon faisait un son lorsqu'il atterrissait. Il écouta attentivement et entendit un silence doux et chargé. L'arrivée silencieuse d'un autre hiver.

Lorsque les flocons commencèrent à grossir, Olivier commença à les observer tomber par terre. Chaque flocon semblait faire défi à la gravité. Au lieu de tomber, ils flottaient vers le bas, lentement et délibérément vers un lieu intentionnel. Ils atterrissaient tout doucement. Olivier continua à les observer de près et les vu devenir gros comme des pièces de vingt-cinq cents.

Retour au haut de la pageIl leva les yeux vers le ciel et ferma ses paupières à demi. Il eu l'impression qu'il montait, flottait vers le haut dans un soluté de particules blanches.

Il ferma les yeux et sentit la neige tomber sur ses joues. Au début, il ressenti la piqûre de sa froideur et ensuite son humidité. Il sortit sa langue. La neige était froide et sec contre sa langue chaude et humide.

Olivier se rappela que pendant son enfance, il jouait dans la neige jusqu'à ce que son pantalon devienne gelé. Il se rappela des bonhommes de neige et des batailles de boules de neige. Il se rappela aussi avoir resté chez son cousin pendant trois jours parce les routes étaient complètement bloquées par la neige.

Pour la première fois en trois jours, Olivier se sentait calme et heureux. La neige lui parlait. Il écoutait.

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