Liste de mesures d'atténuation et d'adaptation au changement climatique

1. Mesures d'atténuation:

Les mesures d'atténuation sont des mesures qui vont aider à réduire la production de gaz à effet de serre (GES) ou aider à leur absorption. Il s'agit donc d'efforts concrets qui, à long terme, pourront contribuer à réduire l'ampleur du changement climatique. Toutefois, il faut comprendre que, même si on arrête toutes les émissions de CO2 (principal gaz à effet de serre) produites par les activités humaines, le changement climatique se produira encore puisque les GES déjà présents dans l'atmosphère continueront à affecter le climat pendant longtemps.

Pour être efficaces, les mesures d'atténuation (mitigation) devront être appliquées à tous les niveaux de la société, c'est à dire dans l'industrie, le commerce et l'agriculture (qui contribuent à 75% de la production de CO2, Torrie Smith Associates, 1999) et par les citoyens (qui par leurs activités journalières produisent le 25% restant). En tout et partout, chaque Canadien produit 5,5 tonnes de gaz à effet de serre par année (source: Institut Pembina).

 

Adapté du Comité de coordination national sur les problèmes atmosphériques, Examen de 1996 du Programme national d'action sur le changement climatique, novembre 1996, p. 16. http://www.climatechangesolutions.com/french/individuals/graph1.htm

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1.1) Transport :

Il existe plusieurs façons de réduire les émissions de nos automobiles, que ce soit au niveau de nos habitudes de conduite, du choix du véhicule et de l'essence ou du type d'entretien qu'on choisit.

Suggestions pour les habitudes de conduite:

-utiliser l'automobile comme moyen de transport seulement et quand les autres moyens ne sont pas possibles ou pratiques;
-utiliser le transport en commun;
-covoiturer;
-éviter la conduite agressive. Les arrêts et les départs rapides consomment plus de carburant;
-rouler moins vite. Pour chaque réduction de 10 Km/heure, on réalise une économie de 10% en carburant et en émission de gaz;
-éviter la marche au ralenti le plus possible. Si on demeure en place pour plus de 10 secondes, il est plus efficace d'arrêter son automobile;
-s'assurer que les pneus soient bien gonflés. Pour chaque 2 PSI de sous-gonflement, on augmente de 1% la consommation d'essence;
-faire faire une mise au point de façon régulière pour s'assurer que son automobile est à son rendement maximal;
-réduire l'usage de l'air climatisé pour diminuer jusqu'à 21% de la consommation d'essence;
-acheter des automobiles hybrides ou des automobiles ordinaires mais plus petites et qui consomment moins d'essence;
-aménager des sentiers de bicyclette en milieu urbain pour encourager ce type de transport;
-au niveau de l'industrie et de la technologie, favoriser le développement d'alternatives comme les piles à hydrogène pour les véhicules;
-acheter des produits locaux, ce qui bénéficie aux entrepreneurs locaux et qui économise des coûts de transports.

En hiver:

-utiliser un chauffe-moteur pour augmenter l'efficacité de son moteur. Ce chauffe-moteur peut être relié à une minuterie de manière à ce qu'il se mette en marche 2 h 30 min avant le départ seulement;
-éviter la marche au ralenti (idling) pour plus de 30 secondes. Pour bien réchauffer l'automobile, il est plus efficace de rouler;
-enlever toute neige ou glace de l'automobile puisque ces substances ajoutent un poids supplémentaire et réduisent l'efficacité de l'automobile;
-utiliser de bons pneus d'hiver qui réduisent le glissement et sont plus efficaces sans oublier de les enlever au printemps puisqu'ils sont moins efficaces sur un pavé sec;
-avant l'arrivée de l'hiver, changer l'huile pour une huile plus légère;
-éviter les petits déplacements automobiles qui s'avèrent aussi longs que les déplacements à pied.

Entretien de l'automobile:

-s'assurer que les pneus soient bien gonflés. Pour chaque 5% de sous-gonflement, l'efficacité de la voiture est diminuée de 1%;
-s'assurer que les freins soient bien entretenus. Des freins défectueux pourraient entraîner une perte d'efficacité allant jusqu'à 40 %;
-les joints bien graissés et des pneus balancés favorisent l'efficacité;
-des filtres à air propres et des bougies en bon état favorisent aussi l'efficacité;
-le catalyseur du système d'échappement a un rôle important à jouer comme système antipollution. S'assurer qu'il y en a un sur la voiture et qu'il est en bon ordre;
-un bon ajustement de la vitesse du moteur à l'arrêt aide à réduire les émissions;
-demander à son garagiste de s'assurer que le senseur à oxygène fonctionne adéquatement. Un senseur en bon ordre assure une efficacité optimale.

Choix de l'automobile et équipement:

-certaines huiles à moteur sont étiquettées pour leur efficacité et peuvent augmenter le rendement du moteur de 3%;
-choisir des essences mélangées à l'éthanol lorsque c'est possible. Celles-ci émettent moins de gaz à effet de serre;
-choisir une voiture plus petite, plus légère et donc plus économique. (Consultez l'étiquette Énerguide de sa voiture);
-de nouvelles voitures hybrides sont maintenant disponibles sur le marché. Celles-ci sont plus efficaces et moins polluantes;
-s'assurer que les supports à bagages ou à bicyclette sont enlevés lorsque non utilisés. Les supports augmentent la consommation en essence des voitures (jusqu'à 5 %).

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1.2) Énergie domiciliaire:

Toute mesure qui permet la réduction de la consommation d'énergie aidera à diminuer la production de gaz à effet de serre puisqu'une bonne portion de l' énergie que nous consommons provient des combustibles fossiles (pétrole, charbon, etc.) utilisés directement pour le chauffage ou pour la production d'électricité. Au Nouveau-Brunswick, chaque kilowatt-heure d'électricité utilisée produit 528 grammes de gaz à effet de serre (GES).

Il faut donc " s´engager à améliorer sa consommation d´énergie à la maison, au travail et sur la route, ce qui contribuera à réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre. Il s´agit d´opter pour des modes de vie permettant de réduire sa consommation d´énergie et de tirer le meilleur parti de l´énergie consommée " (Environnement Canada). On peut réduire sa consommation d'énergie (et donc économiser de l'argent) par des mesures telles que :

-un éclairage plus efficace. N'utiliser que les lampes nécessaires et changer les ampoules pour des fluorescents qui eux, sont plus efficaces (utilisent seulement 25% de l'énergie d'une ampoule ordinaire);
-une meilleure isolation des maisons diminue les besoins de chauffage et de climatisation;
-le fait de réduire les fuites d'air permet d'économiser jusqu'à 25 % sur la facture de chauffage (source : Environnement Canada);
-s'assurer que sa fournaise soit en bon état et bien nettoyée;
-placer un matelas isolant autour des conduites d'eau chaude et du réservoir;
-installer des pommes de douches à débit réduit pour économiser l'eau chaude;
-baisser le réglage du thermostat d'un seul degré pour diminuer la facture d'électricité de près de 10 %;
-baisser le réglage du thermostat pour la nuit ou lors d'absences de la maison;
-choisir des thermostats plus performants et programmables;
-utiliser la bonne vieille corde à linge au lieu de la sécheuse;
-placer des rideaux aux fenêtres et les fermer l'été peut réduire les besoins en climatisation;
-arrêter les appareils que l'on n'utilise pas comme l'ordinateur ou le téléviseur;
-utiliser des appareils électriques plus performants;
-utiliser des systèmes de chauffage moins énergivores;
-acheter des appareils électroménagers moins énergivores; (voir Énerguide)
-encourager la production d'énergie à partir de sources renouvelables comme les énergies solaire et éolienne;
-utiliser des sources d'énergie plus efficaces et moins polluantes. L'ori-mulsion, par exemple, un combustible fossile moins dispendieux utilisé dans certaines centrales au Nouveau-Brunswick, est plus polluant.

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1.3) Déchets :

Les déchets domestiques et industriels produisent des quantités importantes de méthane lors de leur décomposition. Ainsi…

-la réduction à la source de nos déchets est la manière la plus efficace de réduire la production de méthane;
-on peut choisir des produits moins d'emballés;
-le compostage est une manière efficace de réduire la quantité des déchets à la source (près du tiers de nos déchets sont compostables);
-certains sites de gestion des déchets récupèrent le méthane pour l'utiliser comme source d'énergie.

1.4) Agriculture :

Le bétail d'élevage libère des quantités appréciables de méthane, un puissant gaz à effet de serre. Ainsi…
-la réduction de notre consommation de viande aide à réduire la production de méthane;
-une meilleure gestion des fumiers et une récupération du méthane pourraient être faites.

De même, des cultures, comme celles du riz contribuent à la production de méthane. Ainsi…
-des cultures de riz à culture plus rapide peuvent être encouragées ainsi que d'autres méthodes modernes de culture, et peuvent diminuer la production de GES.

Les fertilisants utilisés pour l'agriculture contribuent à la formation d'oxydes d'azote qui sont libérés dans l'atmosphère et contribuent à l'effet de serre. Ainsi…
-une meilleure gestion de ces fertilisants peut diminuer les émissions de ce GES.

Certaines pratiques agricoles sont aussi des sources de libération de CO2. Ainsi…
-le fait de minimiser le brassage du sol aide à diminuer les émissions de CO2.

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1.5) L'industrie et le commerce :

Une bonne partie de la production de GES provient des activités industrielles et commerciales. La plus grande part de GES de l'industrie est produite par la génération d'électricité et l'extraction, la transformation et la distribution du pétrole. Cette grande production reflète la grande demande des consommateurs pour un ensemble de produits et services. Ainsi…

-des mesures pour augmenter l'efficacité énergétique (éviter le gaspillage, meilleur rendement des équipements, etc.) contribuent à réduire les émissions;
-les industries peuvent utiliser plus d'énergie renouvelables comme les éoliennes, l'énergie solaire, et autres;
-elles peuvent prendre des mesures pour réduire la consommation d'énergie dans les bureaux et les édifices;
-elles peuvent diminuer leur nombre de véhicules et utiliser des véhicules plus performants.

1.6) La foresterie :

Les arbres sont importants dans les écosystèmes puisqu'ils absorbent une part importante du CO2 de l'atmosphère. Nos forêts sont donc des séquestreurs de carbone. Toutefois, lors de la coupe, les débris laissés au sol vont émettre du CO2 en se décomposant.

Ce qu'on peut faire:

-réduire la coupe peut contribuer à réduire la quantité de CO2 de l'atmosphère. Pour cela il faut réduire notre consommation de produits dérivés du bois;
-les forêts matures (forêts âgées) sont plus efficaces pour absorber le carbone que les plantations ou jeunes forêts. Leur conservation peut donc aider à réduire l'augmentation de CO2;
-encourager la reforestation tout en ayant conscience de l'importance de la diversité des espèces;
-réduire la consommation de papier en utilisant les deux côtés de chaque feuille de papier avant de la jeter et la recycler par la suite;
-utiliser du papier recyclé autant que possible;
-planter des arbres dans sa cours arrière ou dans son milieu de travail.


2. Mesures d'adaptation au changement climatique

Même s'il est très important d'agir pour réduire nos émissions de GES, les gaz existant dans l'atmosphère font que notre climat est déjà en train de changer et continuera de changer pour un certain temps. Les experts qui se penchent sur la question s'entendent pour dire qu'au Canada atlantique, nous allons vivre de plus en plus d'évènements extrêmes liés au changement climatique comme des tempêtes de verglas, des vents forts et ouragans, des raz de marées, des pluies abondantes, etc.

Pour faire face à ces changements, il importe de bien se préparer, c'est à dire de prendre des mesures pour diminuer les impacts de ces changements sur nos vies. C'est ce qu'on appelle les adaptations au changement climatique.

2.1) Élévation du niveau de la mer, raz de marée et inondations:

Les communautés côtières ont réalisé ces dernières années qu'elles sont de plus en plus affectées par l'élévation du niveau de la mer. Dans plusieurs régions, des routes, des quais, des édifices ont été endommagés par des vagues de tempêtes et inondations causées par de fortes marées. De même, ces communautés ont été témoins de l'érosion de leurs plages, de leurs falaises et de leurs marais côtiers.

Les provinces atlantiques sont particulièrement touchées par cette élévation du niveau marin étant donné que le terrain s'affaisse naturellement en plusieurs endroits, ce qui vient ajouter à la montée des eaux.

Face à cette situation, on peut décider de ne rien faire et attendre de constater les impacts de ces évènements ou on peut entreprendre des mesures qui vont nous permettre de mieux faire face aux changements.

-Des municipalités côtières de plus en plus nombreuses planifient leur développement à long terme en y incorporant les zones sensibles ou à risque.
-On peut éviter la construction d'édifices ou de structures dans les zones sensibles ou à risque et opter pour des sites plus élevés et plus en retrait de la mer.
-On peut construire des structures qui, comme le pont de la Confédération, sont conçues en prévision de l'élévation du niveau marin.
-On peut construire des structures amovibles qui peuvent être déplacées lorsqu'elles deviennent trop rapprochées de la ligne de côte.

Le choix d'une option est complexe et dépendra des sites, des sommes à investir, de l'échelle de temps considérée, de la valeur accordée aux structures et aux éléments naturels. Lorsque des murs de protection sont construits tout le long de la côte par exemple, de grandes étendues de plages, des marais côtiers et d'autres éléments naturels sont mis en danger ou éliminés complètement puisqu'ainsi, la possibilité de ces systèmes de migrer vers l'arrière est éliminée.

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2.2) Tempêtes :

Les tempêtes de verglas, les grands vents et les fortes précipitations risquent d'augmenter dans le futur. Ainsi…

-il importe encore une fois de s'assurer que les infrastructures en place sont équipées pour faire face à ces conditions météorologiques difficiles;
-des plans d'intervention en cas de tempête majeure pourraient être mis en place.

2.3) Changements dans la température et dans les précipitations :

Selon les modèles les plus courants, l'élévation de la température dans la région atlantique sera moins prononcée que dans les régions centrales du pays. Cependant, la hausse de température, même si elle est moins importante que les autres impacts, risque d'avoir des effets sur nos écosystèmes.

-La composition des forêts par exemple pourrait être changée à long terme en raison de cette légère hausse de la température et des changements dans les précipitations. Il importe donc de considérer les changements à long terme lorsqu'on choisi les espèces d'arbres qui seront plantées. L'épinette noire par exemple est abondante au Nouveau-Brunswick, mais son abondance pourrait diminuer avec l'élévation prévue de la température.
-Certains insectes nuisibles normalement limités par le froid risquent d'être plus fréquents dans nos forêts, ce qui pourrait occasionner de plus grands ravages par ces insectes. Des études sont en cours pour mieux comprendre ce problème potentiel.
-En raison des changements dans les précipitations, les feux de forêts risquent d'être plus fréquents lors des saisons plus sèches, et alors il importe d'être bien préparé pour faire face à ces feux.
-En agriculture, le changement climatique peut avoir des effets bénéfiques. Par exemple, certaines cultures inexistantes aujourd'hui pourraient être possibles dans un futur rapproché. Cependant, il existe aussi des impacts négatifs contre lesquels on peut tenter de s'adapter.
-La productivité globale risque d'être affectée, surtout dans les pays tropicaux. Des mesures pour venir en aide à ces pays pourront être nécessaires.
-Des changements dans la gestion des sols pourront aussi être nécessaires. Par exemple, des pratiques qui évitent les pertes par évaporation pourront être encouragées.
-L'installation de systèmes d'irrigation ou de systèmes plus efficaces (qui évitent le gaspillage en eau) pourront être nécessaire.
-Selon l'intensité des changements, il pourra s'avérer nécessaire de faire un choix plus judicieux des variétés cultivées pour s'assurer de leur tolérance aux conditions climatiques.
-Une plus grande diversification des cultures pourrait fournir une plus grande sécurité du revenu.

2.4) En santé :

Le changement climatique risque d'avoir plusieurs effets sur la santé humaine tels que les coups de chaleurs, le stress lié aux températures élevées, les problèmes respiratoires, l'augmentation des maladies liées à des vecteurs de transmission comme les insectes, les malaises liés à la mauvaise qualité de l'eau, etc.

Pour s'y préparer:

-une plus grande surveillance et un monitoring pourraient être nécessaire pour déceler des changements importants dans l'état de santé des gens;
-on pourrait établir des programmes de prévention et d'intervention auprès des personnes plus à risque comme les personnes âgées.

 

Références

Comité de coordination national sur les problèmes atmosphériques Examen de 1996 du Programme national d'action sur le changement climatique, novembre 1996, p. 16. http://www.climatechangesolutions.com/french/individuals/graph1.htm

Environnement Canada. La Voie verte : Les changements climatiques - Accueil, 22/07/2003.
http://www.ec.gc.ca/climate/home-f.html

Solutions pour les changements climatiques - Choisissez un sujet, 22/07/2003.
http://www.climatechangesolutions.com/french/default.htm

Torrie Smith Associates, 1999. Dans " Le changement climatique au Canada - Sommes-nous à la hauteur? " 2003-08-07.
http://adaptation.nrcan.gc.ca/posters/articles/pr_08_fr.asp?Region=pr

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