Familles - Projet

Au cours de l'automne 2009 et de l'hiver 2010, Littoral et vie a entrepris des ateliers avec des familles composées d'adultes à la retraite, afin d'aider celles-ci à proposer des mesures d'adaptation pour se préparer aux impacts des ondes de tempête, en milieu côtier.

Dans le cadre de ce projet, les chercheurs de Littoral et vie ont animé quatre ateliers avec les familles de Cocagne. Le but du projet était d'inciter les participants à proposer des mesures d'adaptation efficaces. Durant les ateliers, des stratégies d'éducation au futur ont été utilisées pour aider les participants à prédire ce qui pourrait se passer dans leur milieu avec les changements climatiques. Les participants ont choisi de concentrer leurs efforts à trouver des mesures d'adaptation aux impacts reliés aux ondes de tempête. De leur côté, les chercheurs ont observé les compétences des participants à penser à l'avenir et à prédire les risques.

Par la suite, durant l'automne 2010 et l'hiver 2011, les chercheurs de Littoral et vie ont animé des ateliers en classe avec des élèves de l'école Blanche-Bourgeois de Cocagne. À l'aide de stratégies pédagogiques de pensée prospective, les élèves ont exploré plusieurs problèmes régionaux liés aux changements climatiques et ils ont proposé des mesures d'adaptation efficaces (pour la plupart). Dans un deuxième temps, ces élèves, leurs parents et les autres membres de la communauté ont été invités à des ateliers portant sur des problèmes spécifiques causés par les changements climatiques. Lors de ces rencontres thématiques, les chercheurs de Littoral et vie ont eu recours à diverses activités pédagogiques pour aider les participants à identifier des mesures d'adaptation originales et efficaces. Jusqu'à présent, des ateliers sur les tempêtes de verglas et sur les inondations côtières ont eu lieu. Une rencontre portant sur les problèmes liés à l'eau potable se déroulera prochainement.

La section qui suit comprend quelques citations des participants, pour mieux comprendre comment ils se représentent le problème.

Changements observés dans le milieu :

«  Ma tante reste en bas de la rue. Elle me disait que, par les années passées, ils allaient de l'autre côté du chemin pour faire des pique-niques. Maintenant, la mer a tout emporté ça

« On est allé sur l'île de Cocagne, ça doit faire une cinquantaine d'années. On avait une caméra. J'avais photographié le rocher sur le côté nord. Puis, il n'y a plus rien là maintenant. »

«  Il y a des tempêtes d'automne, quand la mer devient haute. Oui, j'ai déjà vu ça, que l'eau passe par-dessus le chemin et ça brise le chemin. C'est tout plein de trous au bord du chemin. »

«  Même les insectes qu'on a dans nos régions changent. Il y a des insectes du sud qu'on n'avait pas auparavant et qui s'en viennent par ici parce que les étés sont plus longs ou plus chauds. »

«  Avant qu'il ait pu venir, la maison était gelée et on chauffait à l'eau et les tuyaux étaient gelés et ça causé un vrai dégât. Ça coûté une dizaine de mille piastres pour réparer les dommages. »

  Changements envisagés :

«  Ça pourrait devenir plus chaud. Par chez-nous, ça pourrait réchauffer et devenir aussi chaud que des places aux États-Unis. S'il y a des ouragans, notre eau froide refroidirait la tempête. Ça fait qu'elle aurait moins de force. Donc si ça se réchauffe par ici, elle va garder sa force ou venir plus souvent. »

« La glace qui fond va faire monter les eaux et le réchauffement de l'eau va causer des tempêtes plus fréquentes et plus violentes . »

« L es gros vents. Je ne parle pas des vents de 50km, je veux dire 100-120 km, qui commencent à briser les toits des bâtiments et ça devient pire. Manque d'électricité, ces choses-là. L'eau contaminée dans les puits. Les inondations qui briseraient beaucoup plus. Il y aurait des bâtiments endommagés . »

«  La prochaine tempête, si on en a une comme celle de l'année 2000, on ne pourra pas sortir si on n'est pas là on ne peut se rendre à notre maison. S'il y a des pannes d'électricité, on n'a pas de chaleur ; on peut avoir des vrais problèmes. Ah oui ! Cela nous affectera directement ainsi que tout le monde sur notre rue. Il y en a d'autres sur le chemin dont la situation est pire que la nôtre, ils sont plus bas que nous et l'eau va les entourer. Et ça, ce n'est pas drôle. L'eau dans la cave et la possibilité d'avoir du sel dans les puits. »

«  On pourrait être isolé, dans le sens que sur le chemin, le chemin où on demeure est bas sur les deux bords puis ça pourrait causer un problème d'accès, s'il y a des d'urgences médicales ou un feu: on ne pourrait pas sortir ou entrer. Et si on a des pannes d'électricité, on pourrait avoir de vrais problèmes. On pourrait peut-être sortir à pied, mais on ne pourrait pas amener notre auto. Si jamais il y avait un feu ou des problèmes de santé dans le temps d'une tempête, on ne peut pas sortir. Si quelqu'un était vraiment blessé, ça ne serait pas drôle. C'est grave quand ça vient à la santé des gens et surtout qu'actuellement le pont qui traverse la rivière de Cocagne est fermé jusqu'à l'automne prochain puis les pompiers, ça leur prend à peu près 10 minutes de plus pour venir chez nous. Alors, ça, c'est encore une chose à penser. S'il y a un problème de feu ici pendant une tempête ou chez- nous ou chez les voisins, eh bien le feu aura la chance de se répandre avant que les pompiers arrivent. »

Opinions par rapport à la situation :

«  Je crois que les gens qui vivent sur le bord de la mer, comme par ici, sont plus inquiets que les gens qui sont en ville. En ville, ils voient moins la différence, ils perçoivent moins les changements. Donc, ils sont un peu moins inquiets et moins préoccupés.  »

« Les problèmes de changement de climat sont tellement nombreux qu'on ne peut pas vraiment savoir. Probablementqu' il y aura des sècheresses peut-être, on ne sait pas, peut-être des tornades, toutes sortes de choses pourraient arriver, on ne le sait pas. »

« Nous autres ici on est dans une place qui est dangereuse avec des grosses tempêtes, c'est vraiment dangereux. »

« Oui je pense pour moi, j'ai 70 ans, et dans le temps qui me reste sur cette terre peut-être ce ne sera pas trop préoccupant. Je ne sais pas, j'espère que non, mais mes enfants et mes petits enfants vont souffrir. »

« Je suis assez concerné. Ça me passe par la tête souvent assez. Dans les médias, c'est tout le temps là, de plus en plus. »

Exemples de solutions suggérées :

«  Moi j'aimerais éventuellement avoir un système solaire ou un éventail ou peut-être les deux parce que ça, c'est l'énergie là. Une fois que t'as un éventail et le panneau solaire, ça t'équipe pas mal vite. »

« On peut juste essayer de prévoir quelques petites choses dans la maison pour. . . comme je disais si ça arrive la nuit et tu te lèves le matin et qu' il n'y a pas d'électricité, pour que tu aies quelque chose, de l'eau potable et des chandelles. C'est idéal ceux qui ont des poêles à bois ou au gaz et qui peuvent plus facilement se débrouiller. »

« Du côté communautaire, je pense qu'il devrait y avoir un système de communication entre les gens de l'extérieur et les gens de notre rue. Quelqu'un qui pourrait venir voir qu'est-ce qui se passe. Ou trouver un chemin d'accès supplémentaire pour notre rue. »

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