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Question 4 : Quelle a été votre formation académique ou quel cheminement avez-vous adopté ?

Transcription


J’ai étudié à l’Université Sainte-Anne; j’ai fait un certificat en animation sociale que j’ai adoré. J’suis venu ici, j’ai fait une année en sociologie pis en bac libre pis j’ai transféré aux arts visuels. J’ai commencé en 1981 aux arts visuels, 1982-83. En 1983, à l’époque, y’avait une émission à Radio-Canada qui s’appelait La Course autour du monde pis j’adorais l’émission. J’étais un téléspectateur, un fan de l’émission pis j’ai appliqué en 1981; y m’ont juste renvoyé mes affaires: on te veut pas. J’ai ré-appliqué l’année d’après; y m’ont fait venir pour une entrevue, après l’entrevue y m’ont dit on te veut pas, pis j’ai ré-appliqué de nouveau une troisième année; y m’ont appelé pour l’entrevue, j’ai fait les préliminaires, j’ai gagné le concours. Pis là j’ai eu la mononucléose so j’ai pas été. Mais à l’époque en 1983 y m’avaient accepté pour aller là so j’ai pris une année. J’ai dit bon bien j’irai pas à l’université. J’ai été à Montréal pis ça c’était vraiment un apprentissage de plein plein d’affaires au niveau du Super 8. Parce qu’à l’époque, on faisait du Super 8 avec La Course autour du monde, pis des genres d’apprentissages au niveau des systèmes de distribution. Une grosse boîte comme Radio-Canada avec beaucoup de moyens, c’était une émission qui était très, très à la cote. So ça c’était une bonne expérience pis j’mets ça au niveau des expériences d’apprentissage là. Là j’ai eu la mono so j’ai passé le reste de l’été avec un mal de gorge pis j’ai pas fait grand-chose. J’suis revenu à l’université au mois de septembre, mais c’était pas une très bonne année parce que j’pense j’étais trop fatigué. J’ai eu un peu de difficulté. À ce moment-là, en 1984, j’faisais aussi une autre production. J’prenais pas de cours de sculpture, mais j’faisais une production au niveau de l’installation, de la sculpture, pis y’avait pas vraiment de place où ce que j’pouvais faire ça dans le Département des arts visuels. Quand j’pense à ça asteure ça m’apparaît assez étrange. J’avais donc ma production à l’université, une production étudiante, pis de l’autre côté, j’avais ma production à la maison. En 1985, j’ai pris un break parce que j’avais des conflits ici à l’université, j’ai dit j’vais prendre une année off so j’ai été à Montréal, j’ai travaillé dans des restaurants. Pis là j’avais appliqué pour une bourse Exploration au Conseil des Arts qui était vraiment un programme extraordinaire. On pouvait appliquer pour faire des projets pis t’avais pas besoin d’avoir de l’expérience dans les domaines, c’était vraiment organisé pour que les gens fassent de l’exploration, parce qu’on les appelait les bourses Exploration. So j’en ai eu une pis j’ai commencé à travailler sur un projet qui s’appelle le Cube Aleph qui avait vraiment été un projet de longue haleine. J’ai travaillé là-dessus pendant deux années. J’ai commencé à travailler à Montréal là-dessus avec Denis Richard, un type de Moncton qui vivait à Montréal, qui vit toujours à Montréal, pis qui avait vraiment une bonne tête au niveau des moteurs pis l’organisation des systèmes électriques, la charpenterie. J’ai appris vraiment beaucoup de choses avec Denis pis Denis a travaillé sur le cube autant que moi. Ç’a vraiment été un projet de nous deux. Pis là après ça, j’ai déménagé de Montréal, j’ai amené mon cube en progression ici à Moncton pis j’ai loué un atelier à Aberdeen pis j’ai recommencé l’université, qui était ma dernière année en 1986. So 1986 a vraiment été une année assez intense. J’faisais mes études ici à l’université pis là j’étais de nouveau très emballé d’être ici pis de faire des choses, mais j’avais toujours ma production on the side. J’faisais mon Cube Aleph pis c’était assez taxant là, de faire les deux. Mais même quand j’regarde ça aujourd’hui j’fais la même chose: j’travaille, j’fais ma production, j’fais d’autre chose. C’est comme quelqu’un a dit: d’être un artiste c’est vraiment d’avoir deux jobs temps plein. So en 1986, j’ai gradué de l’université pis j’ai exposé Cube Aleph qui était vraiment ma première exposition dans un centre d’artiste. C’était à la Galerie Sans Nom en 1986. En 1989 j’ai appliqué au Banff Center pour faire une résidence là-bas, j’ai été accepté pis j’ai été au Banff Center. Encore une fois, c’était une expérience qui a vraiment changé ma vie, comme Jeunesse Canada Monde, comme plein de choses. Pis j’ai rencontré Valerie LeBlanc qui travaillait au Banff Center dans le Département des «médias arts»; elle faisait du vidéo. Juste au niveau de connaissance, on s’est juste rencontrés là. Moi j’travaillais sur mes choses; là j’ai passé une année là, de septembre à avril, pis, en avril, j’suis revenu à Moncton. Là y’avait la nuit de Ventôse qui était énorme: c’était tellement flyé! Ça c’était au mois de mars, le 23 mars, pis j’avais fait une performance à ce moment-là, c’était vraiment une belle soirée. Y’a encore du monde, j’suis sûr, qui en parlent. Pis là j’suis retourné à Calgary pis là Valerie pis moi on est devenus partenaires pis aussi partenaires au niveau des projets artistiques. On a commencé à travailler ensemble à cette époque-là, en 1990. Elle avait appliqué à la School of the Art Institute à Chicago pour faire sa maîtrise, elle avait été acceptée pis étant donné qu’on commençait à travailler ensemble, elle a dit, Pourquoi on applique pas ensemble, parce qu’a savait que j’étais intéressé au niveau de la maîtrise aussi, Pourquoi on applique pas ensemble à l’école ? So elle a refait une demande, a dit bon on travaille ensemble pis là on a fait une demande conjointe en présentant nos travaux individuels so on a été acceptés. Y m’avaient donné une bourse «full tuition scholarship» qui comprenait les deux années d’études. Ça aussi c’est une expérience intense, l’école était renommée, y’avait un programme d’artistes invités qui était incroyable. Y’avait des artistes qui venaient à toutes les semaines. So on travaillait, on faisait nos projets collaboratifs pis aussi on faisait des projets individuels. C’est là que j’ai pris connaissance d’un programme qui s’appelait Max. Pis le chef du département où j’étudiais, c’était le département qui s’appelait «Time Arts», tous les arts qui sont relatifs au niveau du temps comme la performance, la vidéo, tout ce qui a un élément de temps, c’était englobé là-dedans. Le chef du département c’était Peter Jenna qui était un musicien. Il travaillait avec un programme qui s’appelait Max depuis deux années, c’est un programme qui est sorti en 1989 pis y’avait un cours dans le département de son, c’était sur Max so j’ai pris le cours. J’me rappelle qu’à l’époque, en 1991, devant un écran 17 pouces ou 19 pouces, ça c’était énorme. On a ouvert le programme c’était: Oh my God… J’me rappelle j’regardais l’écran, j’travaillais dans le studio pendant des heures pis là j’allais dehors fumer des cigarettes, à l’époque j’fumais, pis j’sortais là pis là j’voyais la ville. C’était presque apocalyptique au niveau des visions. Parce que j’avais une bourse «tuition» y payaient toutes mes études, j’pouvais pas «flunker» aucun cours là. J’devais passer ce cours-là que j’prenais, so j’ai vraiment mis des bouchées doubles. Pis c’est le programme avec lequel j’travaille principalement. C’est comme ironique ou c’est comme intéressant, en tout cas j’ai fait ma maîtrise là. Ah pis avant ça j’avais été à une résidence à Sculpture Space. Après Banff, j’avais fait un projet qui s’appelait La nouvelle boîte de Pandore pis y’avait un voyage autour du monde qui était incorporé là-dedans. En tout cas j’avais une bourse du Conseil des Arts pour faire ce projet-là pis c’était comme un projet à deux volets là: y’avait un projet de recherche, c’était la boîte de Pandore où ce que la boîte est ouverte pis tous les maux se répandent sur la Terre: c’est assez catastrophique. Mais dans la boîte y’avait aussi un élément d’espérance: la dernière chose qu’y avait dedans c’était l’espoir. C’était vraiment des éléments qui m’intéressaient là pis là j’me suis dit, bon j’vais aller, j’vais faire un voyage autour du monde pis j’vais rencontrer des gens, pis j’vais aller dans des situations où j’vas rencontrer les sept malheurs. Y’avait la passion, c’en était un, la pauvreté, la vieillesse, y’en avait sept là, pis là l’espoir. Pis quand j’suis parti j’suis allé en Angleterre, j’suis parti à la fin juillet 1990. Quand j’suis arrivé à Londres, mon prochain stop c’était dans les Émirats arabes unis. J’ai été voir pour un visa, mais ça c’est la journée où l’Iraq a envahi le Kuwait. Toutes les ambassades arabes étaient à l’époque toutes dans le même coin. Pis y’avait vraiment comme un énervement général là pis personne savait qu’est-ce qui se passait. Asteure avec l’Internet, toute ça, on sait toute ce qui se passe tout le temps, mais là, qu’est-ce qui se passe ? J’ai été cogner à la porte de l’ambassade pis je leur ai dit, J’aimerais avoir un…j’viens appliquer pour un visa. You can’t now. Pis là j’regardais à la télévision qu’est-ce qui se passait pis j’ai changé mes plans de voyage parce que j’pouvais pas aller là. Après j’devais aller au Pakistan pis j’pouvais pas aller là non plus. So j’ai changé plein d’affaires. À mesure que j’allais, j’étais en Angleterre, en Écosse, en Turquie, à Singapour, en Malaisie, à Hawaii, à Los Angeles pis là de nouveau au Canada. Y’avait comme sept stops, mais ce que tout le monde regardait partout, à la télévision, c’était la guerre en Iraq, le monde en Malaisie regardait ce qui se passait, le monde en Turquie regardait qu’est-ce qui se passait, partout le monde regardait qu’est-ce qui se passait. J’me suis dit, C’est pas difficile: la boîte de Pandore c’est aller dans la télévision, avec ce qu’elle nous présente. J’ai vraiment vu que tout le monde, que la planète était vraiment relativement petite là, qu’on était vraiment tous connectés pis disons, tout le monde était sur CNN. Quand j’suis revenu, j’ai passé plusieurs semaines à voir beaucoup de talk shows pis à enregistrer des talk shows, à prendre des diapos, à prendre du vidéo pis le projet de La nouvelle boîte de Pandore est devenu un projet à propos de la télévision vraiment. Pis là y’avait tout l’aspect de collecte de données, de vidéos, de photos pis là j’ai été à Sculpture Space pour construire l’exposition, l’installation comme telle. Pis là c’était un deux mois assez incroyable. Utica, dans «upstate New York», c’était vraiment une place assez flyée. Une base de B-52s, juste à côté de Utica, à une place qui s’appelle Rome. Ces avions-là partaient à tout bout de champ. À la fin janvier aux États-Unis… tout le mois de janvier le Sénat - c’était à la radio tout le temps - le sénat disait, bon on va-tu à la guerre, on va pas à la guerre, on va-tu à la guerre? Finalement à la fin janvier y’ont été, les B-52 décollaient à tous les deux minutes, c’était assez incroyable. Au niveau de l’éducation ç’a été une expérience.