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Question 2 : Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Transcription


Ça été un peu en zigzag là, j’voulais faire de la bande dessinée, j’voulais être artiste, pis après l’école secondaire j’ai participé à Jeunesse Canada Monde qui a vraiment marqué mes expériences, ma vision de ce que j’allais faire. J’étais vraiment intéressé, ça m’a comme vraiment fait prendre conscience des problèmes sociaux pis de l’interaction entre les gens. C’était une expérience assez incroyable quand t’as 18 ans de partir après l’école secondaire, d’aller pour une période de huit mois vivre avec une trentaine de personnes de d’autres cultures, d’échanger pis prendre des expériences de vie assez intenses. J’étais en Colombie, à Médine en Colombie, en Amérique du Sud, alors y avait beaucoup de problèmes de guerre avec les groupes armés, des problèmes de pauvreté, les «gaminès». On habitait dans une place qui s’appelait Saint-Jean, c’était une organisation de Saint Jean Bosco, la Ciudad Don Bosco qui veut dire la ville de Don Bosco, j’sais qui y’en a beaucoup au Québec des organisations comme ça. Quand j’suis revenu de Colombie, j’me suis dit: J’veux faire de l’animation sociale, j’veux travailler avec le monde pis contribuer vraiment au progrès de la vie en général. So j’ai été à l’école, à l’Université Ste-Anne en Nouvelle-Écosse, pis j’ai pris un cours d’animation sociale que j’ai adoré. C’était un cours intense là, étalé sur l’année, pis y’avait du monde que j’connais encore, y’avait des gens de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, du Québec, de l’Ontario. C’était un cours qui était donné par un type vraiment sympathique pis très impliqué dans le domaine de l’animation sociale. J’ai fait ça une année, j’ai adoré ça, c’était du travail sur le terrain, j’aimais ça. Là j’suis revenu à Moncton pis j’me suis dit, bon bien, l’animation sociale ça m’intéresse, j’vais m’en aller en sociologie. Pis vraiment l’art visuel, les arts à ce moment-là… Je jouais de la musique, j’faisais du dessin, de la bande dessinée, mais c’était vraiment pas mes priorités à ce moment-là. À l’Université Sainte-Anne c’est là j’ai commencé à écrire de la poésie qui est vraiment, quand je regarde en rétrospect asteure, la poésie c’est probablement l’élément central moteur de tout ce que j’fais, que ça soit en art médiatique, en installation, en performance, c’est toujours comme dans le vaisseau spatial Star Trek, un cristal gros comme ça qui fait avancer le vaisseau. Vraiment, l’expérience poétique est peut-être au cœur de toute c’te projet-là. Alors j’suis venu à l’Université de Moncton en sociologie. Houhou j’ai pas aimé ça pis ç’a été assez terrible là. J’prenais des cours de démographie, là j’avais des formules mais c’était vraiment la distance qui y’avait entre la sociologie pis l’expérience réelle avec les gens, sur le terrain, c’était à mille lieux de où-ce que j’voulais être. So j’ai repensé, bien tiens j’vas aller en arts visuels parce que l’expérience poétique j’peux la retrouver là aussi. Quand j’regarde ça, j’me dis, Bien wow c’est vraiment blanc pis noir, le jour et la nuit. Mais dans le fond les deux approches, la sociologie, l’animation sociale, les arts visuels, les arts en général, la performance, on dirait que asteure je regarde ça, pis vraiment c’est toute «meshé» ensemble. Mon père qui travaillait à l’Assomption, qui était financier, y travaillait avec les chiffres, se plaignait: Y a personne dans notre famille qui va aller en administration, dans les chiffres. Mais si je regarde tout de suite ce que j’fais, j’travaille avec des programmes interactifs comme Max/MSP et Jitter, j’travaille vraiment avec des bases de données avec des chiffres que j’traduis en d’autres événements, j’traduis ces chiffres-là en d’autres choses. Pis vraiment, c’est comme l’expérience de la sociologie, la démographie, c’est réuni avec toutes les actions directes à la Lenski, toutes les choses de performance, tout’ est venu à s’agglomérer comme un tout. J’ai choisi probablement parce que l’expérience poétique était de quoi qui était important pis que c’est là j’pouvais vraiment la trouver. J’pense qu’y a des gens qui trouvent leurs expériences poétiques à vendre des valves pour les moteurs ou n’importe quoi mais à ce moment-là c’était les arts en général, c’était là où j’pouvais probablement trouver ça.