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Question 7 : Avez-vous développé une technique particulière dans l’utilisation de ces médiums ? Si oui, quelle est-elle ?

Transcription


J’aime de penser que j’fais surtout des combinaisons de techniques, au niveau de la technique, au niveau du médium. Comme que j’expliquais ma formation était en peinture, mais j’ai aussi une formation en sculpture alors j’me dis j’peux toucher tous les facettes ou pas mal tous les facettes de qu’est-ce que c’est les arts visuels. Dans le sens que j’touche le bidimensionnel et le tridimensionnel aussi, alors c’est possible pour moi de faire la navette, si tu veux, entre les deux, mais aussi de «hybridiser» les deux et d’essayer de fusionner les choses. J’aime de mettre un peu le bois dans les roues dans certaines techniques, par exemple l’estampe. J’parle avec des gens qui font de l’estampe, mais y’ont quand même toutes sortes de contraintes ou toutes sortes de règlements ou toutes sortes de façons de faire. Au niveau de la démarche pis de la technique pis de l’emploi de certains médiums, j’aime de penser que moi j’peux mettre le bois dans les roues là-dedans pis dire : Qu’est-ce qui arrive si qu’on fait ça à la place ? Un peu, pas contredire la technique ou la méthode, mais disons, d’essayer de proposer des alternatives ou d’autres façons de penser vis-à-vis la façon de faire l’œuvre comme telle.J’peux citer un exemple d’une de mes œuvres peut-être qui répondra bien à la question. J’parlais tout à l’heure que mon apprentissage consistait à faire l’étude de la peinture et la pratique de la peinture. Alors de là, j’ai voulu évoluer plutôt en allant vers la confection d’images, si tu veux. Pas nécessairement des peintures avec le gros P, mais des images avec le gros I. Y’a des différenciations à faire entre image et peinture: image ça peut être un image photographique, ça peut être un dessin, ça peut être une représentation graphique de quelque chose. Durant les années 1980, fin années 1980 début années 1990, j’ai décidé de faire une synthèse de tout ça et de présenter dans une œuvre l’ensemble de mes techniques ou de mes médiums utilisés pour faire mes œuvres. Alors j’trouvais que c’était intéressant pour le public et pour moi-même. Ce que ça donnait, ça jetait la balle dans la cour du public; ça disait au public: Vous avez regardé l’objet pis vous avez déterminé qu’est-ce que c’est en la voyant et là c’est possible de voir, à ce moment-là, comment que les choses sont assemblées ensemble, comment que y’a une succession d’éléments qui sont fusionnés ensemble pour donner à l’observateur une certaine lecture vis-à-vis lui-même face à l’œuvre. Alors j’ai commencé à aborder, disons, les différentes façons d’exprimer une idée, mais en regardant dans d’autres domaines. Dans le domaine de la littérature, de la musique, par exemple, sont deux. Où est-ce que là on parle de personnes qui ont, par exemple, la phrase ou la partition musicale, dans l’Occident, on commence par la gauche et on s’en va par la droite lorsqu’on lit une phrase. Tous les poètes, tous les écrivains vont dire la même chose. Les musiciens c’est la même chose, les notes de musiques commencent à la droite pis y s’en vont par la gauche. Alors ça, avec ce critère-là en tête, j’ai décidé, moi, de faire des œuvres visuelles basées sur ce principe-là, le principe d’accumulation, mais de succession de plans ou d’images les unes par rapport aux autres pour suggérer dans la tête et dans l’œil surtout du spectateur l’idée de la séquence ou l’idée du début milieu et fin, si qu’on parle de sujet, verbe, complément, qui est vraiment la façon pour l’être humain de penser, de résoudre, sa façon à aborder son environnement. Alors, pour moi c’était aussi intéressant de pouvoir montrer les contrastes ou les différences qui y’a entre la gravure, la photographie, le dessin et la peinture. C’est pas toujours des différences ou des similarités que les artistes vont nécessairement proposer, mais souvent ça va être le public même qui va voir, avec la sensibilité de l’œil vis-à-vis ce qu’il regarde, va pouvoir déterminer: Ça c’est une peinture, ça c’est un dessin, ça c’est une sculpture, ça c’est un bas relief, ça c’est une taille directe, etc. si on parle de sculpture. Alors, j’voulais moi, sensibiliser des enfants de 6 ans ou des adultes qui vont à tous les vernissages, mettons, que mon art s’adresse autant à un qu’à l’autre, et tout le monde entre, à qu’est-ce que c’est qu’on a devant nos yeux et comment ce qu’on a devant nos yeux peut nous affecter nous autres sur le côté émotif, sur le côté psychologique surtout aussi. Alors c’était de exploiter les possibilités relatives à chacun de ces domaines ou les caractéristiques des médiums particuliers, et aussi de présenter une variété ou un sentiment d’abondance ou un sentiment de plénitude et non pas de garder des choses dépouillées et minimales ou simples. Ça c’est faisable, mais disons sur le moment j’voulais pas. J’voulais vraiment qu’y ait une surcharge d’informations dans les œuvres, mais toujours en gardant l’intégrité, disons, de l’œuvre, c’est ça le terme spécifique, l’intégrité de l’objet.