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Question 22 : Dans quelle direction comptez-vous poursuivre votre création ?

Transcription


La réponse à cette question-là va varier dépendant à quelle époque on me la demande. Tout de suite, disons que j’ai fais une période de temps durant ma carrière où ce que j’ai abordé certaines galeries, j’ai exposé dans certaines galeries. Je l’ai fait de façon continue et l’expérience d’exposer pour moi a été très enrichissante. Mais à un certain moment donné j’ai dit: Ok là maintenant j’devrais plutôt concentrer sur autre chose. J’aime de pouvoir porter en face sur certaines facettes de mon activité créatrice, mais de dire: Ok ça on met ça sur le «backburner». Pour ce qui s’en vient, j’voudrais plutôt travailler le côté photographique de la formation de mes images. J’veux faire aussi plutôt le côté installation, peut-être délaisser le côté peinture là sur un châssis et concentrer plutôt sur comment qu’on peut intégrer les principes fondamentaux de peinture avec le gros P, mais de transformer ça et de faire plutôt que ça soit installation d’après le contexte de la galerie dans lequel c’est installé. Ça, je dis ça aujourd’hui mais ça peut varier aussi. Disons qu’à certains moments donnés que j’vois que mon travail doit devenir plus personnel, plus intime. Alors ça devient un peu élastique dans le sens que j’veux atteindre plus de gens à un certain moment donné pis là l’autre moment donné j’veux rétrécir sur moi-même pis dire: J’peux mieux focuser sur qu’est-ce que j’fais pis j’peux mieux concentrer pis faire des meilleures œuvres. Alors c’est toujours un peu de vaciller entre un et l’autre et de dire: Bien j’essaie de faire les meilleures œuvres que j’peux et j’essaie que autant de monde possible puisse les voir par la suite. Mais ça va pas se faire nécessairement en même temps ces choses-là. J’pense que faut diviser l’ensemble des activités et c’est un peu de faire des «cédules» là dans notre tête pis essayer de résoudre les problèmes d’emploi du temps. Y’ont raison de dire que le temps c’est de l’argent pis que l’argent c’est du temps aussi. C’est comme quand tu l’as ton temps, tu vois comment précieux que c’est pis la valeur que ça a. Évidemment tu vas essayer… Parce que les gens vont dire: Ah bien tu sais les artistes, vous faites qu’est-ce que vous voulez, vous vous levez à 3 heures de l’après-midi pis vous êtes là le joint au bec pis les grands cheveux pis… On a la réputation de faire ça ou d’être comme ça. On peut pour jouer, correspondre aux préjugés que les gens se font, mais c’est pas une affaire de tout laisser ça là pis de faire les choses quand bon nous semble. J’pense qu’y faut que t’aies une discipline pis pas juste un peu, faut que ça soit très très prononcé, jusqu’à un certain moment donné que tu te dis: Là j’suis tu vraiment en contrôle de la situation ou c’est tu ma façon de voir comment la discipline va m’amener à faire ces choses-là. C’est un peu comme être un athlète qui essaie de se surpasser: Y’a une montagne là, on va la monter, même si que ça nous tue, ça dérange pas, on y va. Alors c’est un peu c’te sentiment-là tu sais, de foncer ou d’essayer d’aller vers l’avant vis-à-vis qu’est-ce que c’est que tu veux faire. Mais, toujours, tu peux pas tout faire en même temps, c’est pas possible. Ça finit par diluer l’effet. Si j’regarde une de mes œuvres aujourd’hui, je dis: ok garde là j’ai comme… on parlait de la technologie tantôt, moi j’travaille sur des supports, maintenant, c’est du polyéthylène corrugué (ondulé), c’est pas des matériaux d’artistes c’est des matériaux qui est utilisés par l’industrie, mais moi j’me sers de ça; j’me sers de des pellicules de métal, j’me sers de des pellicules photographiques, j’me sers de l’acrylique qui est encore du plastique. J’peux me servir de du plâtre qui est un matériel très traditionnel, ça fait 4000 ans que c’est en existence. J’ai dans la tête une œuvre là, j’suis en train de vous la décrire en la voyant dans ma tête, du carbone de crayon, des choses qui existent depuis des millénaires, mais tout ça c’est rassemblé ensemble sur une surface et c’est l’affaire de pouvoir regarder ça pis de porter à réflexion à ça et de dire: bien tu sais y’a quand même une structure, y’a quand même une logique derrière cet objet-là, pis y’a, on l’espère, de l’autorité et du mystère aussi pris là-dedans.