Sélectionnez un numéro pour voir l’extrait vidéo et lire la transcription


Question 14 : Pourquoi demeurez-vous en Atlantique au lieu de vous établir dans un milieu où vous pourriez avoir accès à un plus grand réseau de diffusion de votre création ?

Transcription


Bon moi j’suis allée vivre à Montréal en début des années 1990 mais c’était pour le cinéma d’animation. À ce moment-là, j’avais commencé à faire du cinéma d’animation à Moncton pis à former du monde à Moncton. Ça dépend drôlement selon qui est producteur dans ta région. Des fois certains producteurs ne veulent pas prendre en main des films animés, ça fait que j’suis partie à Montréal pour continuer là-dedans parce que c’était ma passion. J’ai été deux ans à Montréal. La raison pour laquelle j’suis revenue, c’est j’me suis, pas écoeurée, mais écoeurée du trafic, des transports en commun, du monde stressé aux heures de pointe, matin et soir. Pis aussi j’sentais qu’on me volait du temps sur ma propre production artistique. Quand ça te prend trois quarts d’heures le matin à partir de chez-vous jusqu’à ton travail, le même temps le soir pour revenir… J’me faisais voler une heure et demie par jour dans les transports en commun, pis à un moment donné j’pouvais pu accepter ça. Quand t’arrives chez vous là après trois quarts d’heure de «ride» avec du monde stressé dans un autobus là, j’étais comme épuisée. Là t’as pas soupé. Premièrement j’voulais revenir à Moncton parce que j’aime Moncton, pis j’trouve la vie culturelle ça évolue, pis j’me sens faire partie de cette évolution-là. Me semble j’ai de quoi à dire là-dedans, pis c’est le monde avec qui j’ai étudié ou d’autre monde qui se sont greffés au milieu artistique. Après Montréal, j’ai pas voulu aller ailleurs. J’dis pas que j’irai pas, tu sais, ça peut arriver qu’un jour je sois vraiment tannée de Moncton. Mais moi c’est pour mieux produire que j’suis revenue, pis produire plus. Pis maintenant, avec tous les moyens de diffusion, j’suis pas sûre que dans les grands centres c’est vraiment l’idéal. Ce que j’avais remarqué quand j’étais à Montréal au niveau arts visuels qui se faisait à cette époque-là, y’en a un qui sort une idée pis y’en a beaucoup qui copient l’idée, beaucoup d’imitateurs de Monsieur un Tel, Madame une Telle, tandis que dans les régions plus petites, tu retrouves moins cette imitation-là. Peut-être parce qu’on se connaît plus pis tu vas te faire taper dessus ou j’sais pas quoi, ou que le monde sont plus personnels dans leur façon de travailler… C’est de quoi qui me dérangeait ça, des gros milieux, en tous cas de Montréal, de voir un certain plagiat qui se faisait, tandis que j’retrouve pas ça à Moncton. Pis j’trouve quand même pour une petite ville, une moyenne ville, j’sais pas comment ça se classe, y’a quand même des ressources pis avec l’Internet… Même avant l’Internet t’allais fouiller dans des magazines à la bibliothèque, y’a tout le temps moyen de se ressourcer. Moi j’ai jamais resté bloquée au niveau des idées. Pis j’ai jamais non plus visé une carrière internationale. C’est sûr si c’était ça mon but j’serais probablement pu à Moncton, mais…pis pourquoi pas. Ça peut se faire, une carrière internationale via Moncton.