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Question 13 : Est-ce que le milieu dans lequel vous vivez vous stimule à créer ? Comment ?

Transcription


Bien oui. Faut dire que j’suis une des chanceuses, pour ceux qui trouvent ça de la chance, d’avoir un atelier au Centre culturel Aberdeen. Moi ça m’a fait respirer rentrer là-dedans. C’est qu’avant, avant d’avoir un atelier, j’ai tout le temps bardassé à la maison, pis j’faisais des multiples contrats un peu partout. À l’époque, des contrats qui étaient courants c’était de la mise en page parce que tout se faisait à la main. Des petits journaux toutes faits à la main, pour des associations, ou des petits bulletins, ou des dessins pour je le sais pas quelle association qui sortait un petit bulletin spécial pis qui avait besoin de caricatures, on me demandait. J’allais travailler là pis j’trouvais assez le monde… le monde où j’allais travailler, j’veux pas que tout le monde avec qui j’ai passé se sentent visés parce qu’y en a eu qui m’ont plutôt aidée. Des fois j’entrais dans des boîtes pis j’sentais le monde assez poigné que ça me faisait «feeler» mal. Tu sais t’es jeune, tu sors de l’université, t’étais dans un milieu arts visuels ou avec des étudiants de musique, art dramatique, tu sais. Ça flyait pas mal. Là tu te retrouves pris dans la vraie société avec du vrai monde qui vivent une vie de 9 à 5 avec mari, femme, enfant, chien, chat, toute. J’trouve assez que ce monde-là pensait étroit. J’me disais: J’suis-tu embarquée pour être entourée de monde de même toute ma vie ? Moi j’me sentais assez étouffée que c’était épouvantable. Quand j’ai mis les pieds au centre culturel Aberdeen c’était comme «Ouf!»Dans le temps, j’connaissais Guy Duguay qui avait son atelier là, pis j’trouvais que ça respirait dans cette place-là. Oui c’est effectivement une place qui est pas étouffante pour des artistes. Tu peux t’habiller comme tu veux pis t’as pas besoin d’arriver en talons hauts pis être chromée. Ça j’aimais ça, tu peux être toi-même n’importe comment là-dedans pis y’a personne qui va te juger sur comment t’es habillée ou ton apparence physique. Moi c’est de quoi que «Ouf!»,ç’a respiré. Aussi le fait que la majorité des gens là-dedans c’est des artistes. Y’a des associations, y’a toutes sortes de choses aussi, mais les autres qui sont là, y vivent au même «beat» que les artistes. Tu sens pas un dénivellement parce qu’y sont pas artistes. C’est un esprit plus ouvert que j’ai trouvé là pis qui me fait bien sentir pis que j’continue d’être là. Pis quand j’serai tannée je m’en irai.