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Question 19 : Quelles sont les oeuvres dont vous êtes le plus satisfait.e et pourquoi en est-il ainsi ?

Transcription


Les œuvres qu’on aime sont souvent… Bon, premièrement, j'pense qu'on aime des œuvres... y’a quelques moments donnés dans la création qu’on fait quelque chose et on dit: Ah, ça c’est quelque chose de bien. On sait pas pourquoi celle-ci est meilleure qu’un autre, mais y’a souvent cette sensation-là. Ensuite y’a des œuvres que j’crois qu’on n’a pas l’impression qu’y sont très intéressantes et qui avec le temps deviennent des œuvres marquantes, des œuvres de très grande importance. Donc y’a eu un moment donné quelques œuvres que j’dirais qui ont été des portes tournantes, des œuvres que j’dirais qui ont changé la façon de faire mes œuvres par après. En 1985 y’a une œuvre en particulier que j’ai faite à partir d’un roman de Raymond Roussel, c’est une œuvre qui s’appelle Impression d’Afrique. Cette œuvre-là ç’a été la première où j’ai essayé d’appliquer une façon de faire selon des règles, mais consciemment comprendre les règles de jeu que j’allais mettre. Je savais qu’y avait des règles de jeu et j’ai joué le jeu. J’ai eu beaucoup de plaisir. Après cette œuvre, une fois que cette œuvre-là a été finie, je savais que, en tout cas c’est une décision que j’ai pris, toutes les œuvres seraient faites de cette façon-là, ou au moins avec le jeu. Les règles du jeu changeraient mais j’aurais toujours ce jeu-là, ce plaisir de mettre des règles et d’essayer de les observer et d’affronter l’inconnu. Faut dire que ce roman dont je me suis inspiré Impression d’Afrique de Raymond Roussel, c’était un roman assez confus. Les dix premiers chapitres c’est de l’absurde, on a bien de la misère à comprendre quelque chose. Les dix chapitres qui suivent, tout se remet en place. Et là j’ai compris que c’était comme ça le jeu. Au début quand j’fais mes œuvres c’est la confusion et ensuite les choses se mettent en place. Donc cette œuvre-là en 1985 a marqué. Ensuite y’a eu d’autres œuvres, que je dirais des œuvres parties d’une vie très troublante, à un moment donné, où-ce que, bon, plus déprimé, plus angoissé, où j’ai produit une œuvre en particulier que j’trouvais très dure, mais j’savais que c’était une bonne œuvre. Donc c’était le tourment, c’était l’angoisse, tout était dedans. A suivi celle-là une œuvre, qui j’pense c’était après la déprime, pis c’était le côté plus serein, une autre œuvre qui, à mon avis, a été très importante. Et ensuite, bon, y’a des périodes où on dirait que on continue notre cheminement. Je crois dans la dernière série que j’suis en train de faire, que j’vais sortir des choses qui vont être très différentes. Un autre tournant, une autre phase qui va marquer, je dirais peut-être la dernière partie de ma carrière, mais en tout cas une autre partie de ma carrière.