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Question 1 : Quand et comment avez-vous su que vous vouliez devenir artiste ?

Transcription


C’est que dans le temps que j’ai commencé à entendre parler de peinture parce que j’étais au collège classique de Saint-Joseph dans les années 1940 y’avait pas de peintre alentour, y’avait vraiment personne pour nous donner une idée que ça pouvait exister le métier de peintre et c’est pour ça que j’ai choisi l’architecture de toute façon parce que c’était possiblement ce qui était le plus proche de la peinture et j’ai fait Beaux arts à Montréal et Beaux arts à Montréal pour faire de l’architecture ça veut dire qui y’avait aussi dans la même bâtisse des peintres, des sculpteurs, des céramistes et tout ça et j’passais autant de temps dans les autres ateliers que dans l’atelier d’architecture mais j’savais pas que j’étais attiré d’une façon particulière à la peinture, ça pris pas mal de temps avant que j’arrive jusque là. Même après une étude psychologique d’un professeur de l’Université de Montréal qui, qui voulait savoir quelles genres de qualités que ça prenait pour être soit architecte ou soit peintre, j’avais été choisi, il avait choisi dans les deux écoles dix étudiants et j’étais un des étudiants en architecture qui avait été choisi et à la fin de l’analyse il m’avait dit toi t’es en architecture mais t’as toutes les qualités pour être de l’autre côté. Mais j’avais pas fait la connexion. Même quand j’suis sorti de l’architecture j’suis sorti premier de l’école donc c’est pas parce que j’avais pas les talents en architecture. C’est seulement lorsque j’suis arrivé à Paris en 1964 et que j’ai vu Notre Dame de Paris et avec ma formation d’architecte bien j’savais comment on pouvait bâtir une cathédrale, oui j’pourrais, j’pourrais bâtir une cathédrale parce que j’sais à peu près comment ça fonctionne et à côté y’avait une petite galerie dans laquelle y’avait un petit tableau en vitrine, un tout petit tableau rouge qui était là que j’ai vu et je me suis dit merde j’peux pas faire ça, j’peux pas faire ce tableau-là, j’peux faire une cathédrale mais j’peux pas faire un petit tableau et ça été le début de ma, enfin de ma, de changer de direction à un moment donné qui a été quelques années plus tard. En 1964 j’faisais le tour de l’Europe en camping avec ma femme et le froid nous a poussé vers l’Espagne, le sud de l’Espagne où on a passé là trois mois dans un petit appartement et c’est à ce moment-là que j’me suis dit bien si j’suis pour devenir peintre j’vais voir pis j’ai trois mois de ma vie de libre, je vais voir ce que j’suis capable de faire alors je me suis acheté une bouteille d’encre de Chine, un pot de gouache rouge et j’me suis, un petit pinceau et j’me suis taillé une plume dans un bout de bambou que j’avais trouvé dans le ruisseau à côté et j’ai dit bon bien je vais travailler seulement avec ces éléments-là voir si je peux faire quelque chose et un de mes amis qui était peintre français, lorsqu’il a vu ça, il était venu chez nous, je lui ai demandé tu penses que j’peux devenir peinture pis il a dit y’a pas de, y’a pas de problème, tu as tout ce qu’il faut pour devenir peintre donc à ce moment-là l’idée a germé chez moi et cinq ans après en 1970 j’suis allé passer 18 mois à Aix-en-Provence dans un atelier de peinture où j’ai travaillé toute la partie gestuelle de l’art. J’ai fait une vingtaine d’exercices multipliées par 20 qui fait, j’sais pas ce que ça fait, ça fait 400 tableaux d’exercices pendant 18 mois qui ont été exposés au centre culturel canadien à Paris et ça été comme ma première exposition officielle dans un lieu disons dans un lieu intéressant et ça été le début, j’ai tout mis de coté, j’ai abandonné l’architecture et j’ai consacré ma vie depuis ce temps-là dans un atelier de peinture huit heures par jour autant que possible, oui.