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Question 13 : Est-ce que le milieu dans lequel vous vivez vous stimule à créer ? Comment ?

Transcription


Bien c’est sûr que disons c’est quand même une atmosphère assez rurale ici et c’est beau. Mais, par contre, au niveau des débouchés pour les arts visuels, j’essaie d’en créer autant que possible, pis d’autres en ont créés après moi. Y’a vraiment quand même une bonne structure présentement pour exposer nos jeunes artistes et tout ça. Mais par contre, on n’a pas les ressources pour faire justice aux artistes visuels. Pis les collectionneurs, ça aussi y’a un progrès mais y’en a pas suffisamment. Et disons que si on compare, si vous voulez, la valeur marchande des œuvres ici, un tableau réalisé ici n’est pas nécessairement moins bon qu’un tableau fait ailleurs. Mais ce qui arrive, c’est que y’a des barèmes, des critères nationaux qui souvent, flottent un peu partout dans les comités de décisions. Quand même on s’identifie à des styles ou à des modes. Donc en d’autres mots prenez comme un Yvon Gallant, et bien d’autres artistes, j’aime pas nommer d’autres artistes parce faudrait en nommer trop, mais disons le contexte pratique de survie dans notre région est pas suffisant. J’ai passé une bonne partie de ma vie à me battre, me faire haïr par les politiciens, pour essayer d’élargir ça. Même aujourd’hui bien j’essaie de me retenir autant que possible, je laisse la place aux jeunes pour essayer de continuer la bataille, pis y font bien. Mais par contre j’sens que les personnes sont pas toujours libres. Faut pas trop pousser. Parce qu’y a des fonctionnaires un peu partout, hein. J’ai bravé ça souvent, ça m’a nuit. Simplement un petit détail là, pour les frais d’exposition, ça les frais d’exposition présentement c’est parce que Jack Chambers à London, Ontario, avec la Galerie nationale du Canada a demandé des frais… Premièrement que les galeries payent les diapositives. En tout cas c’est un éclatement d’images maintenant, mais de toute façon les droits d’auteurs et tout ça donc… Dans la province, c’était moi le représentant du Front des artistes canadiens, de 1971 là à 1980-quelque. Les galeries des Provinces atlantiques, moi j’étais considéré comme le rebelle, parce que j’avais poussé cette chose-là. Y’avait pas moyen de payer les frais d’exposition. Disons qu’y m’ont plus ou moins pénalisé en m’exposant pas. Parce que moi j’demandais des frais d’exposition, mes collègues artistes en demandaient pas. En d’autres mots c’est comme une sorte d’union en fin de compte.