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Question 4 : Quelle a été votre formation académique ou quel cheminement avez-vous adopté ?

Transcription


Mon cheminement vraiment c’est quand j’ai reçu mon appareil à 13 ans. J’avais l’optique du National Geographic, de ce genre de photographie-là, voyager dans le monde, photographier des cultures rares pis faire des photos pour une institution que j’considérais comme étant le sommet de la photographie à la période. C’était ça que j’voyais quand j’ai commencé vraiment à considérer sérieusement, mais ensuite en m’inscrivant à l’Université de Moncton. L’université, le Département des arts visuels à l’Université de Moncton, a ses problèmes, a ses qualités, mais la plus grosse qualité c’était qu’on était dans plein d’espace, plein de ressources, arrangez-vous. C’était ça qu’est-ce que j’avais besoin comme atmosphère pour travailler. Après la diapositive de Marcel Duchamp, après ça, n’importe quoi que j’pensais, j’le faisais. Alors le cheminement vraiment, le bac ou l’institution pour moi, c’était seulement un lieu où j’pouvais faire du travail, avoir du feed-back, parler à des gens, voir du travail de d’autres gens. Juste être dans un atmosphère qui te baignait, être «weird» pis laisser nos imaginations aller où nos imaginations voulaient bien nous amener. Les expériences qu’on a tous vies comme génération ont été vraiment intéressantes. Alors pour moi le bac était pas nécessairement des études, c’était vraiment l’expérience et j’ai continué cette expérience-là ensuite en poursuivant à faire une maîtrise à Concordia où j’ai cherché essentiellement le même genre de milieu. Sauf que quelque chose que j’ai trouvé dans mon instruction au niveau du bac qui me manquait, c’était vraiment le côté théorique, le côté philosophique. J’ai toujours eu ce penchant philosophique là et je me l’ai pas fait nourrir au niveau du bac, simplement encore une fois parce j’étais jeune, parce j’étais innocent, parce j’prenais pas charge de ma carrière disons. Mais j’ai pas créé la situation qu’allait me nourrir de ce côté-là. Alors la maîtrise à Concordia c’est parce j’savais que c’était une maîtrise qui était très rigoureuse au niveau théorique, qu’allait demander autant de lecture que de travail dans le studio et c’est ça que je désirais. Je m’en été à Concordia. Naturellement après Concordia, j’ai été complètement de l’autre côté, où si c’était pas de la théorie c’était pas de l’art. J’ai vraiment perdu mon imagination complètement. J’avais pu aucune idée qu’est-ce que j’faisais comme artiste. Si ça sortait pas des livres de théorie y’avait aucune façon de justifier mon travail. J’ai vraiment devenu un peu réactionnaire etc. Là maintenant j’peux dire c’est dans les dernières… ça fait depuis 1992 que j’ai terminé ma maîtrise à Concordia, j’peux dire que ça fait 5 ans que j’ai commencé à retrouver mon travail. Alors vraiment me faire instruire dans les arts était une façon de m’arrêter de faire les arts pour un bout de temps. Jusqu’à maintenant j’trouve que c’est probablement le chemin que mon cheminement devait prendre, parce que maintenant j’suis vraiment en train d’apprendre à faire le mélange de la philosophie et du visuel que j’ai toujours voulu faire, mais que j’ai jamais été capable de trouver les outils qui me satisfaisaient. Maintenant on dirait que ça commence à toute cliquer. Alors, les affaires des degrés, les affaires des écoles c’est bien beau si on a clair dans l’esprit qu’est-ce que ça veut dire de faire de l’art dans une académie, dans une institution. Parce que c’est pas la même chose que, par exemple, Yvon Gallant qui a appris à faire de la peinture pis qui fait de la peinture parce que c’est quelque chose qui bouillonne etc., sa pulsion est complètement différente. Alors pour moi le désir d’aller à l’université, c’est parce que ça nourrissait cette pulsion-là. Mais j’ai vraiment pas le sentiment que c’est aller à l’université qui m’a fait devenir un artiste. J’pense c’était déjà là pis l’université a su le nourrir. J’me choquais, j’étais vraiment réactionnaire. J’suis content d’avoir vieilli pis pu être comme ça. C’était fatiguant. Mais j’avais besoin de ce milieu-là pour apprendre qui j’étais. Parce que c’est ça que c’est être un artiste, d’avoir un sens de soi un peu.