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Question 13 : Est-ce que le milieu dans lequel vous vivez vous stimule à créer ? Comment ?

Transcription


Milieu au sens général. Ma création s’est toujours faite en dedans de 3-4 kilomètres d’où j’habitais, tout simplement parce que j’aime pas de m’amuser à me déplacer pour être capable de faire des photos, j’trouve c’est trop de trouble. Alors le milieu est critique, absolument critique, mais ça veut pas dire que y’a des milieux qui sont mieux que d’autres. Le milieu est critique dans le sens que pour moi, travailler c’est de comprendre ma place dans mon milieu. Alors n’importe quel milieu fonctionne. En disant que le milieu est important c’est pas pour dire qu’un milieu spécifique est important. Moncton était très bon pour mon travail dans le sens que, my God, j’ai pu créer à Moncton. Tu sais au point de vue de faire une exposition et de mettre un tableau contre un mur, demandant pour des commentaires et de mettre un effaçoir plutôt qu’une craie. Tu sais, si ça c’est pas envoyer le monde chier, y’a pas grand-chose qui envoie le monde chier. Mais Moncton était le milieu parfait pour moi à être capable à faire ce genre de choses-là. J’ai brûlé des ponts en masse à Moncton, peut-être une bonne chose, en tout cas c’est qu’est-ce qui avait besoin d’être faite dans le temps. Maintenant j’suis à Corner Brook à Terre-Neuve. Ah mon Dieu des jocks là-bas c’est incroyable. Le monde aime leur sport pis pour une raison ou une autre j’me fais un peu emballer dans le milieu à ce niveau-là. Mais ça que j’suis en train de réaliser c’est que Corner Brook est autant important à mon travail que Moncton, que quand j’habitais à Montréal. Mon travail s’est transformé à un certain point dépendant des milieux. Mais vraiment la recherche est toujours de comprendre c’est quoi ma place icitte, qu’est-ce que j’fais icitte. Alors le milieu est incroyablement important, mais pas un milieu spécifique. J’pense qu’on pourrait me parachuter n’importe où pis laissez-moi là pour six mois un an et mon travail deviendra autant prolifique, autant relié d’une fois à l’autre et je m’ennuie pas de Moncton, pas une miette. Je m’ennuie juste pas de rien. Pas parce que j’ai pas aimé ça, pas parce que j’ai pas de respect, pas parce que ç’a pas été important. Parce que c’est pas ça le moment et j’ai tendance à vivre dans le moment quand ça vient à ces choses-là.